Samhain ·

Vulnérabilité
Mon cœur est sous verrou
Qui sait quand reverra
Mon ardeur ton été

 

Je veux y habiter
Dans ce grand bois clair où
La peau nue de tes bras
Serre l’écorce hantée

 

Où mon âme arrêtée
Observe de son trou
Les trous que tu feras
De tes yeux fous jetés

 

De tes yeux en fusil
Fouillant, foulant mes feuilles

 

À mon bal où fêtée
Tu t’enivres
Et t’écroules
Et ton souffle qui roule
Couchée dans l’herbe sage
Ne réponds plus qu’à moi
Qu’à ma langue
Et mes doigts
Qui comme des branchages
T’élèvent en te berçant
Dans les ciels que mon sang

 

Que mon sang

 

Que mon sang

 

Sur la mousse descend
Et me délivre enfin
De ma fièvre de toi



neige, bruit, friture ·

Il pleut des ondes, et ma blonde est un monde
Je reçois la télé, j’étale ma tête ronde
Et je la fais rouler

 

Je mets à plat, planisphère flottant
Les chemins que mon cœur parcoure dans mes nuits
Sous la Lune nouvelle
Et je me les rapelle

 

Je siffle un air et boit
À la coupe des lèvres la langue des bois
Son sang
Sa verve
Son vernis
Sa cire
Sa sève

 

Et je m’évanouis



humidité ·

Un vent chaud bat ce soir,
Autour de ma colline,
Il la berce et l’enserre
Comme la calamine
Se glisse tendrement
Du fer au feu des doigts.

 

Les fées dorment tout bas,
Dans l’herbe que calcine
Ce souffle enflé de vie,
Et leur cri dans mes bras,
Dans la nuit que dessine
Leur sourire, est à moi.

 

Dehors bientot la pluie,
Les couleurs du matin.
Pour l’instant… plus un bruit,
A peine un doux crachin
Qui s’égoutte et s’enfuit…

 

A peine un doux chagrin.



homme atteint ·

J’ai oublié le bleu

De l’aube sur un banc

Je retourne le chercher

M’attendez pas surtout

 

 

Si je reviens pas vite

Demain ce sera blanc

Et les gens éblouis

Auront les yeux brûlants

J’ai oublié l’habit

De l’Aurore au tournant

Je vais lui acheter

Une robe j’ai plus le temps

De retourner chercher

Des habits oubliés

J’ai fait tomber la boule

Ronde et jaune qui doit

Nous éclairer demain

Elle rebondit gaiement

Et un fichu gamin

La prend pour son ballon

Je retourne la chercher

Les gens comprendront pas

Si elle s’est envolée

Et si un chien l’aboie

Elle risque de se facher

Tout bleu tout blanc tout blême

Et j’aurai de troublants

Poëmes ou bien problèmes

Je sais plus trop je cours

De quelle couleur est le sang

Qui m’agite au matin

Quand je me redressant

Trouve ensemble mon bout

De rêve pas debout

Couché contre mon corps

Et ce morceau qui dort

D’or au milieu du ciel

Je sais plus trop je glisse

Je me colle à sa peau

Comme un bout de réglisse

Je m’accroche aux morceaux

De rêve qui se casse

Je courais je courais

Et je sais plus la suite…

C’est fou j’ai comme un blanc



Acte(s) manqué(s) ·

roadtrip.jpg



rise off ·

dcoller.jpeg



notte ·

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Mar azul ·

J’ai mes deux lèvres

 

comme des voiles

 

Que le vent vient gonfler

 

Et fait chanter parfois

 

 

 

J’ai mes deux lèvres

 

Que relève

 

Ma salive

 

Et que dévale :

 

 

 

 

« Va Azul !

 

Vole vers les visions que t’as

 

Traverse l’eau les rêves et vois

 

Ce que tu veux vis-le ! »

 

 

 

 

Voilà

 

 

 

Mais les mots sur mes lèvres étaient tus et savaient

 

Que je ne romprai plus

 

Le silence pour ça

 

Mais que je laisserai…

 

 

 

 

- Les Èves délivrées

 

Des fièvres de ma voix -

 

 

 

 

J’avais mes deux lèvres

 

Elles ne sont plus moi

 

Le temps les enlève

 

Je n’ai plus de voix

 

 

 

 

J’avais cette fièvre

 

Elle est retombée

 

En fermant mes yeux

 

J’ai pleuré un peu

 

 

 

 

Si ça t’avait plu

 

Dans mon ciel en feu

 

J’aurais coloré

 

L’arc de mes rêves

 

 

 

 

J’aurais murmuré

 

Ton nom bien des fois

 

 

 

 

Je ne l’ai pas fait…

 

 

 

 

Je crois



Prout ·

Longtemps je me suis couché débonnaire. J’avais le sentiment que le long cours du rêve débordant de sa rive arriverait à m’emporter, ou un moi supporté pendant mes heures de veille, et que lavé de mes attaches à ce monde moral et régulier, sans la souplesse offerte par la latence à l’idée oisive, qui est trop isolée et craintive au milieu du reflux de la conscience terrible et solaire et qui fait surnager seulement l’illusion perturbante et sacrée qu’on ose encore avec peine interrompre que quand on est bien sûr de n’y plus rien comprendre, me noyant dans les flots, puisque perdu soudain entre les vagues brutes de l’émoi que l’imaginaire appelle et que l’obscurcissante face de soi-même que l’on appelle « ça » se borne à matraquer je ne savais plus lutter contre la puissance tumultueuse de ce que j’invoquais aussi naturellement, je crachais dans le dernier souffle, qui comme une bulle d’air salvatrice et cruelle montre la voie à suivre et qui n’est jamais prise que trop tard par les corps des suppliciés de l’élément rageur, le dernier voile qu’il restait encore entre ma croyance en cette existence un peu fausse que j’endurais chaque jour sous le régime inquisiteur des yeux des gens présents et moi-même, et moi-même, tel qu’il eût put être s’il avait été écarté dès le premier jour de sa vie des incessantes nécessités du bas monde, et que le toussotement de ce repli funeste qui avait été jusqu’à me rendre étranger à ma propre réalité physique et spirituelle qu’aucune borne en ce monde ne pourrait certainement aider à définir était le seul salut qu’il me restât dans cet espoir immense de réussir sans transiger à concilier les attentes du monde entier et les miennes placées en vis-à-vis, si bien qu’enténèbré par le flot de moi-même qui coulait sous la roche tectonique que formait notre expérience du monde, formée elle-même par la puissance de tout un système stellaire d’attentes et de considérations humaines, je parvenais enfin à oublier cette constante impression qu’à la voix unanime de mes schizophrénies désormais déchaînées je nommais la honte et qui n’était jamais que l’affligeant mélange de la culpabilité de vivre et de souhaiter de n’avoir pas vécu pour écarter les taches qu’un autre nous imprimera toujours dès lors qu’il y a le dialogue et que la mâchoire qui grinçait tout-à-l’heure pour retenir le souffle puant comme du souffre de l’hébétude de la raison gagnée se tiendra fermée sur la vicieuse et envahissante sensation d’avoir raison et de vouloir victorieusement se griser de l’éclat aveuglant des idées noires que génère toujours le conflit avec ceux qu’on aime et avec qui on discute et le regret cuisant d’avoir soit écrasé soit été écrasé et toujours d’avoir laissé croire à l’autre qu’on pensait ce qui aura pu le blesser, que tandis que mon corps et mon cœur coulant ensemble en un seul bloc de glace je me faisais à l’idée de ne même plus comprendre que tout ceci formait une vie et que c’était la mienne, et que soumis soudain à d’autres règles que mon inconscient fabriquait autrement que des tours je pourrais peut-être atteindre par cette lente plongée et ce sublime détachement cet humour qui manquait à chacune de mes phrases et me laissait blessé par chacune de celles des autres phénomènes et rêves survécus qui m’entouraient amoureusement, et que tout était réellement tranquille.



une Amérique ·

un peu de vent dans la colline,
son dos ondoie, elle se lève,
je caresse encore ce rêve
qui se détache lentement.

 

endormis dans nos bras de mer
nous nous croyons un paysage
un coin à l’ombre où la rivière
embrasse soudain l’air du large.

 

et nous partons pour un voyage
peuplé de visions magnifiques,
sur le dos d’un bateau étrange
nous buvons l’ivre bucolique.

 

nous sommes là, dans les senteurs
des poisons rares et magiques
qui mirent un terme avant-l’heure
à des amours mélancoliques.

 

promenant dans les rues-bazars
des citées des hommes antiques,
nous découvrons que le hasard
sera cette boîte à musique.

 

nous oublions tout un instant,
et qui nous sommes et qui nous croit,
et devenons pour les passants…

un peu de vent, 

un feu de joie.



Derniers commentaires

  • philosiris commentaire sur le berger de ces vagues
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