respiration ⋅ battement de cœur ⋅ silence

neplusparler1.jpg



emphase ·

APHASIE ·

 

 

 

 

plu-ie-s de (gros) con-naître-trôle sur-icate ce-ux qui-sable kissable so-liloque-(a)rt de ma b-eauté-(far)ouche.



merlestée ·

j’ai relevé mes manches et plongé mes bras dans les pigments.

 

j’étais lent, je m’étais dit : « j’ivre ! »

 

 

j’ouvrais la bouche en syncopée, comme un hoquet, la bouche happée par l’après-sens, sa présence, par l’ébriété livrée avec les perles de givre qui parlaient dans sa bouche.

 

 

et ses mots étaient froids et faisaient mal.

 

 

j’étais lancé comme l’un jette un livre. Sans savoir que mes mots démoliraient son ciel. Son ciel noir de nuages à genoux où noyé je narrais la gène que je n’ai… qu’en rêve…

 

 

sans savoir que mes phrases en approchant la terre, ricocheraient brûlantes, frappantes, que ma tête vibrerait de sa syntaxe-excès.

 

parce que j’annexais l’esthétique exquision, la troublance verbiale, l’entraînant libratoire, foutredelle…

 

 

─ tout me tuerait, mer, rideau si blanc sous le ciel, sel, comme un soleil d’ivoire qu’on ne doit pas regarder car il écorne, corne, la pupille ─

 

 

l’eau se laissa aller dans les rigoles et seul, perdu sans sentiments, je me liai ; souvent à sa désolation j’opposais ma douceur ─ douleur céruléenne ─ je me soûlais de vide et me jetais en moi.



la femme rouge ·

la femme rouge

 

la femme rouge mange mes désirs

et me dit de les taire ;

 

 

elle me dit qu’est terrible l’amour

celui qu’on fait par terre ;

 

 

qu’on s’aspire la sueur qu’on s’écœure

respirant la poussière ;

 

 

qu’on s’en relève bien souvent trop tard

qu’elle a un goût de fer ;

 

 

un corps de feu qui défierait la mort

et la morsure amère ;

 

 

dans sa bouche mon sang sa chevelure

dansant furie dans l’air ;

 

 

je dors dans sa tiédeur à me haïr

elle sait que je perds ;

 

 

et que tout doucement la mer

vient me remplir.

 



age ·

Les heures tressent, en tendresse, une corde de jour, sur laquelle se glissent, comme des perles le long d’un fil d’or vieux, de la nacre, des hommes, qui viennent s’échouer sur une plage antique, peut-être celle-là même où ils sont nés, juste à temps pour voir le lever d’un soleil nouveau. La nuit a coulé sur leur peau comme les larmes d’une amante effrayée, ils repartent à la guerre, vont combattre la foule d’Émotions Obscures, au nom du Sentiment, ils ne sauront jamais si ils ont raison ou tort, mais ils ont une Cause.

 

La rationalité froide en a déjà noyé, dedans des requins fous mordent leurs jambes de chair et d’os, d’autres savent que dans les cieux du mysticisme, de grands aigles volent portés par des plumes faites de vent.

 

Le soleil est bien là, le sel et le sang aussi qui donnent leur goût aux choses, ceux qui ont rebattu les sentiers de la jungle de l’île qui les a vu naître sont peut-être morts mangés par les panthères.

 

Un seul s’est assis, n’a pas bougé, a attendu que tout se calme dans sa tête. Et quand les autres furent tous morts tués par les dangers d’un monde sanglant qu’ils étaient allé affronter, il se posa La Question :

 

 

« mais qui est l’ennemi ? »

 

 

nulle réponse ne vint des cadavres. Il se leva, et alla vivre.

 

 

Puis, les cadavres à leur tour se levèrent, et allèrent vivre.

 

 

Phlaurian était tout seul, mais personne n’avait jamais compris ce que cela voulait dire pour lui seul.



inactuel ·

qu’est ce qui fait qu’elle est

belle, au point trop sauvage,

où d’un seul coup le cœur

se serre et que j’étouffe ?

 

 

que signifient ses mots

si je ne l’entends plus ?

ses yeux clos et sa voix

si sa bouche se scelle ?

 

 

nous nous sommes posés

au coin d’une fenêtre

buvant l’air étoilé

pour nous faire un peu mal

 

 

pour nous connaître mieux,

comprendre, un temps, un souffle

que la brume est notre âme

et qu’un doute est la vie.



Subis !

 

 

 

le soleil s’est couché, il y a un moment,
mais comme en attendant de pouvoir te parler
mes oiseaux-doigts joueurs ont voulu s’envoler…
je n’ai pas travaillé, j’oublierai de dormir.

 

que me sert-il de voir au-travers des nuages ?
de boire, chaque soir, dans la coupe d’Orphée
si sa largesse amie, muse appelée, posée…
la douce poësie ne me donne ses lèvres ?

 

j’attends les mots qui tuent, ou les malédictions
qui frapperont mes vers, après que, disparu,
mes chants cessent enfin d’avoir cet air trop gai.

 

et je regrette, amant, de n’avoir pas su dire
la tristesse absolue et l’absolu désir
qui me frappe soudain de connaître la nuit.



rhombe ·

les mots troublent et retombent et j’ai tout fait en trombe.

Je me suis cru vrombir, je me suis vu en rhombe.

Faisant des rondes, sans arrêt.

 

Je me suis déguisé en bout de bois carré.

Point.

En planche, et mes mains sont tombées.

 

C’était l’été. J’étais lesté

de plomb ─ sous un soleil chaud, sous un soleil qui plombe, je me croyais brûlant, puis j’ai plongé dedans et gonflé

─ et soufflé, j’ai soufflé ─ que du vent.

 

J’étais l’eau, j’étais lourd, douloureux sous le noûr. Soûlez-nous !

Je l’agite, elle gicle.

J’haletais, je l’ai tu, tu gelais, je brûlais. Je l’ai bue, boue, bougée dans le limon, dans mon lit le fleuve bégayait, je pagayais ─ c’est pas gagné ! ─ oui mais j’irai ─

 

j’étais dédoublé, aveuglé, glougloutant dégueulis.

Je l’ai plus, j’ai le pli.

Le pli ─ la ride de l’eau aride, désolée qui s’écoule, qui s’écroule.

La balade des bulles m’a rendu malade.

─ pas de deux ─ pas de calculs sous l’alcool

─ que du vinaigre, des rivages nègres, des rivages aigres, des grives désagrégées, des rives dégagées, engrangeant la vieillesse ─ engorgées.

 

 

 

Et puis ─ l’autre rive ─ soudain ─ blanche ─ comme du métal en fusion ─ sur laquelle je vais frapper ─ timide ─ comme on frappe à la porte ─ et l’attroupement pâle.

 

Soudain ─ flanche ─ bosselée ─ crache ─ grince ─ s’ouvre ─ geint ─ mord ─ tue ─ se referme.

 

 

 

Refleurit.



plus de place ·

s’écouler en silence, comme une goutte morte au milieu des trop nombreux points d’exclamation, foule de la rivière, serrés, nous sommes serrés, morts. Nous partons, mais encore ?

Le paysage invisible continue de changer, les murs le protègent de mon regard et nous pleurons les formes absentes des arbres qui s’oublient. Les corps sont serrés, serrée aussi l’écorce contre les images qui se frottent à ma tête.

Nous avons besoin de temps, de temps en temps, pour partir plus tôt et oublier que nous devrions travailler. Travailler en silence, travailler à la mort, de nos pulsions, nos corps, serrés nos corps serrés.

La douceur d’être en vie et qui s’oublie bien vite nous frôle tandis qu’en silence nous voyons se briser les vitres des cloisons, nous tombons au loin dans la poussière et vertical aimant, la lune est notre corps et notre blancheur nous mord.

Dérouler le voyage, et boire à l’eau des jours, d’où jaillit notre phlaut, posé de poësie. Se laisser prendre, amour, pour le goût du récit, puissant comme de l’ambre… et s’oublier, récif, en mangeant le corail, bien qu’où que le corps aille, les vagues nous brisant, nous abreuvent et divaguent…

mourir de ses mots, de ses envies de partir, les voyages en train m’inspirent…



Créer, écrire, remplir


tourner des mots dans sa tête et les accepter en tant que réalité

 

la réalité n’est pas autre chose, elle n’obéit à aucune loi mais on forme les lois d’après elle,

 

trouver de nouvelles lois, nouvelles voies,

 

abreuver de voiles l’étendue des visions

 

 

détendre le manteau de jour, le draper de pénombre

 

engloutir d’un coup sourd l’extase paroxystique

 

 

voilà ce à quoi je travaille,

 

 

car je travaille

 

 

à vous offrir un monde débarrassé des fautes que vous y avez faites,

 

je travaille à vous rendre la vue pour que vous vous offriez les cadeaux que vous réclamez sans cesse,

 

je travaille à ce que vous me voyiez tel que je suis,

 

 

pour faire avancer l’homme, enfin.




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emphase ·

APHASIE ·

 

 

 

 

plu-ie-s de (gros) con-naître-trôle sur-icate ce-ux qui-sable kissable so-liloque-(a)rt de ma b-eauté-(far)ouche.

merlestée ·

j’ai relevé mes manches et plongé mes bras dans les pigments.

 

j’étais lent, je m’étais dit : « j’ivre ! »

 

 

j’ouvrais la bouche en syncopée, comme un hoquet, la bouche happée par l’après-sens, sa présence, par l’ébriété livrée avec les perles de givre qui parlaient dans sa bouche.

 

 

et ses mots étaient froids et faisaient mal.

 

 

j’étais lancé comme l’un jette un livre. Sans savoir que mes mots démoliraient son ciel. Son ciel noir de nuages à genoux où noyé je narrais la gène que je n’ai… qu’en rêve…

 

 

sans savoir que mes phrases en approchant la terre, ricocheraient brûlantes, frappantes, que ma tête vibrerait de sa syntaxe-excès.

 

parce que j’annexais l’esthétique exquision, la troublance verbiale, l’entraînant libratoire, foutredelle…

 

 

─ tout me tuerait, mer, rideau si blanc sous le ciel, sel, comme un soleil d’ivoire qu’on ne doit pas regarder car il écorne, corne, la pupille ─

 

 

l’eau se laissa aller dans les rigoles et seul, perdu sans sentiments, je me liai ; souvent à sa désolation j’opposais ma douceur ─ douleur céruléenne ─ je me soûlais de vide et me jetais en moi.

la femme rouge ·

la femme rouge

 

la femme rouge mange mes désirs

et me dit de les taire ;

 

 

elle me dit qu’est terrible l’amour

celui qu’on fait par terre ;

 

 

qu’on s’aspire la sueur qu’on s’écœure

respirant la poussière ;

 

 

qu’on s’en relève bien souvent trop tard

qu’elle a un goût de fer ;

 

 

un corps de feu qui défierait la mort

et la morsure amère ;

 

 

dans sa bouche mon sang sa chevelure

dansant furie dans l’air ;

 

 

je dors dans sa tiédeur à me haïr

elle sait que je perds ;

 

 

et que tout doucement la mer

vient me remplir.

 

age ·

Les heures tressent, en tendresse, une corde de jour, sur laquelle se glissent, comme des perles le long d’un fil d’or vieux, de la nacre, des hommes, qui viennent s’échouer sur une plage antique, peut-être celle-là même où ils sont nés, juste à temps pour voir le lever d’un soleil nouveau. La nuit a coulé sur leur peau comme les larmes d’une amante effrayée, ils repartent à la guerre, vont combattre la foule d’Émotions Obscures, au nom du Sentiment, ils ne sauront jamais si ils ont raison ou tort, mais ils ont une Cause.

 

La rationalité froide en a déjà noyé, dedans des requins fous mordent leurs jambes de chair et d’os, d’autres savent que dans les cieux du mysticisme, de grands aigles volent portés par des plumes faites de vent.

 

Le soleil est bien là, le sel et le sang aussi qui donnent leur goût aux choses, ceux qui ont rebattu les sentiers de la jungle de l’île qui les a vu naître sont peut-être morts mangés par les panthères.

 

Un seul s’est assis, n’a pas bougé, a attendu que tout se calme dans sa tête. Et quand les autres furent tous morts tués par les dangers d’un monde sanglant qu’ils étaient allé affronter, il se posa La Question :

 

 

« mais qui est l’ennemi ? »

 

 

nulle réponse ne vint des cadavres. Il se leva, et alla vivre.

 

 

Puis, les cadavres à leur tour se levèrent, et allèrent vivre.

 

 

Phlaurian était tout seul, mais personne n’avait jamais compris ce que cela voulait dire pour lui seul.

inactuel ·

qu’est ce qui fait qu’elle est

belle, au point trop sauvage,

où d’un seul coup le cœur

se serre et que j’étouffe ?

 

 

que signifient ses mots

si je ne l’entends plus ?

ses yeux clos et sa voix

si sa bouche se scelle ?

 

 

nous nous sommes posés

au coin d’une fenêtre

buvant l’air étoilé

pour nous faire un peu mal

 

 

pour nous connaître mieux,

comprendre, un temps, un souffle

que la brume est notre âme

et qu’un doute est la vie.

Subis !

 

 

 

le soleil s’est couché, il y a un moment,
mais comme en attendant de pouvoir te parler
mes oiseaux-doigts joueurs ont voulu s’envoler…
je n’ai pas travaillé, j’oublierai de dormir.

 

que me sert-il de voir au-travers des nuages ?
de boire, chaque soir, dans la coupe d’Orphée
si sa largesse amie, muse appelée, posée…
la douce poësie ne me donne ses lèvres ?

 

j’attends les mots qui tuent, ou les malédictions
qui frapperont mes vers, après que, disparu,
mes chants cessent enfin d’avoir cet air trop gai.

 

et je regrette, amant, de n’avoir pas su dire
la tristesse absolue et l’absolu désir
qui me frappe soudain de connaître la nuit.

rhombe ·

les mots troublent et retombent et j’ai tout fait en trombe.

Je me suis cru vrombir, je me suis vu en rhombe.

Faisant des rondes, sans arrêt.

 

Je me suis déguisé en bout de bois carré.

Point.

En planche, et mes mains sont tombées.

 

C’était l’été. J’étais lesté

de plomb ─ sous un soleil chaud, sous un soleil qui plombe, je me croyais brûlant, puis j’ai plongé dedans et gonflé

─ et soufflé, j’ai soufflé ─ que du vent.

 

J’étais l’eau, j’étais lourd, douloureux sous le noûr. Soûlez-nous !

Je l’agite, elle gicle.

J’haletais, je l’ai tu, tu gelais, je brûlais. Je l’ai bue, boue, bougée dans le limon, dans mon lit le fleuve bégayait, je pagayais ─ c’est pas gagné ! ─ oui mais j’irai ─

 

j’étais dédoublé, aveuglé, glougloutant dégueulis.

Je l’ai plus, j’ai le pli.

Le pli ─ la ride de l’eau aride, désolée qui s’écoule, qui s’écroule.

La balade des bulles m’a rendu malade.

─ pas de deux ─ pas de calculs sous l’alcool

─ que du vinaigre, des rivages nègres, des rivages aigres, des grives désagrégées, des rives dégagées, engrangeant la vieillesse ─ engorgées.

 

 

 

Et puis ─ l’autre rive ─ soudain ─ blanche ─ comme du métal en fusion ─ sur laquelle je vais frapper ─ timide ─ comme on frappe à la porte ─ et l’attroupement pâle.

 

Soudain ─ flanche ─ bosselée ─ crache ─ grince ─ s’ouvre ─ geint ─ mord ─ tue ─ se referme.

 

 

 

Refleurit.

plus de place ·

s’écouler en silence, comme une goutte morte au milieu des trop nombreux points d’exclamation, foule de la rivière, serrés, nous sommes serrés, morts. Nous partons, mais encore ?

Le paysage invisible continue de changer, les murs le protègent de mon regard et nous pleurons les formes absentes des arbres qui s’oublient. Les corps sont serrés, serrée aussi l’écorce contre les images qui se frottent à ma tête.

Nous avons besoin de temps, de temps en temps, pour partir plus tôt et oublier que nous devrions travailler. Travailler en silence, travailler à la mort, de nos pulsions, nos corps, serrés nos corps serrés.

La douceur d’être en vie et qui s’oublie bien vite nous frôle tandis qu’en silence nous voyons se briser les vitres des cloisons, nous tombons au loin dans la poussière et vertical aimant, la lune est notre corps et notre blancheur nous mord.

Dérouler le voyage, et boire à l’eau des jours, d’où jaillit notre phlaut, posé de poësie. Se laisser prendre, amour, pour le goût du récit, puissant comme de l’ambre… et s’oublier, récif, en mangeant le corail, bien qu’où que le corps aille, les vagues nous brisant, nous abreuvent et divaguent…

mourir de ses mots, de ses envies de partir, les voyages en train m’inspirent…

Créer, écrire, remplir


tourner des mots dans sa tête et les accepter en tant que réalité

 

la réalité n’est pas autre chose, elle n’obéit à aucune loi mais on forme les lois d’après elle,

 

trouver de nouvelles lois, nouvelles voies,

 

abreuver de voiles l’étendue des visions

 

 

détendre le manteau de jour, le draper de pénombre

 

engloutir d’un coup sourd l’extase paroxystique

 

 

voilà ce à quoi je travaille,

 

 

car je travaille

 

 

à vous offrir un monde débarrassé des fautes que vous y avez faites,

 

je travaille à vous rendre la vue pour que vous vous offriez les cadeaux que vous réclamez sans cesse,

 

je travaille à ce que vous me voyiez tel que je suis,

 

 

pour faire avancer l’homme, enfin.

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