image de l’abandon

Moi j’ai envie de perdre un peu de temps avec toi.

Perdre quantité d’heures plongé dans tes bras froids.

Perdre ma raison même, perdre, perdre, tout perdre.

 

Le sens que j’ai collé sur ce monde a cessé.

L’abîme est plus immense qu’on ne le peut penser puisque c’est la pensée qu’en cessant j’ai tué.

J’ai lancé en l’air tout ce qui avait pu naître de mon cerveau malade et bouffé de paraître la douceur d’exister. J’ai offert à mes lèvres un monde qui ne m’appartenait pas, juste pour avoir le plaisir maintenant de tout perdre. Non. J’ai voulu construire, faire sens pour offrir, aux hommes, aux autres, quelque chose qui vaille la peine d’être vécu. Je me sens floué, trahi au plus profond de mon être puisqu’après avoir trouvé cette raison de vivre je préfère l’oublier entre tes bras trop froids. Là est mon dilemme. Ce n’est pas de l’amour, ni passion ni vertu ni raison consacrée. Ce n’est pas l’obéissance à un appel de chair. Ni un refoulement du passé qui boirait au fond de ton tombeau quelques restes d’espoir. Ce n’est rien, rien, il n’y a jamais rien quand tout s’écroule. Voilà l’image :

 

Je passe mon temps à marcher sur un sentier que je découvre. Je crie sans cesse aux hommes : « voilà ! Je suis passé par là ! Peut-être est-ce une voie pour sortir de cette forêt, peut-être y a-t-il un ailleurs ! Je marche devant vous pour trouver de quoi vivre, aidez moi de vos cris ! Dites moi que vous êtes vivant par votre clameur ! » mais d’un seul coup j’entends comme un coup sourd, je ne vois que du noir, je sens du sang sur mon crâne, et quand je me relève je ne reconnais rien. Je ne sais plus quel chemin j’ai parcouru, où sont les autres que j’avais entendu avant, je ne sais plus rien, mais je sais qu’avant j’apercevais des signes qui me disaient : « oui ! Nous sommes la civilisation ! Avance vers nous et découvre ce que tu es venu chercher, oui nous sommes le sens que tu veux inventer ! » parfois je suis tombé sur des carrières de pierre, me suis dit qu’avec on pourrait faire des haches, couper au moins un arbre pour pouvoir voir plus clair dans cette forêt bien sombre. Jamais nous ne fîmes ne serait-ce qu’une cahutte, jamais je ne rencontrai personne. J’entendis des gens au loin et ne sut jamais s’ils étaient l’œuvre de mon imagination ou s’ils existaient vraiment. J’ai aperçu des taches de couleurs qui dansaient, parfois pas loin de moi, mais elles ne m’entendaient pas et je n’arrivai pas à les rejoindre assez vite.

 

À chaque fois que j’ai eu l’impression de découvrir quelque chose qui donne l’idée d’autre chose, je l’ai senti venir. À chaque fois je me suis retourné, guettant cette ombre folle qui bouffait ma mémoire. À chaque fois je l’entendis. À chaque fois il n’était que silence. À chaque fois j’étais autre part, plus malade et plus fatigué et à chaque fois les rires entendus au loin me donnaient l’envie, le désir oppressant de rejoindre les autres… j’essayais tout le temps, mais. Mais jamais personne n’essaya de me rejoindre semblerait-il…



quelques grammes de pensée, instants posés sur quelques mots. quelque chose à dire…

Presque un peu de langueur, voilà que s’interroge l’esprit qui m’anima. Anima est un mot, le mot a fait le sens, le sens est suranné et nous croyons savoir en ayant asséné. Une valse de mots, un air qui (vacille) n’en finit que là où finit l’air, l’asphyxie nous attend. Tout ce qui m’emporta, tout ce que je travaille, le message que mes mots portent là où mes phrases déraillent. Enfin les sons s’enchaînent. Enfin j’aligne un peu les idées sur la scène, le théâtre inventé, image d’un autre monde… le son, la couleur, le sens, les mots, langage ! Tout ce qui veut la remplacer ! Elle ! Ma chère douleur ! Foulée au pied par tant de mimétisme, nous ne voyons plus rien de ce que nous vivons vraiment, nous ne voyons plus rien au fond du firmament. J’ordonne à la lune d’accepter sur mon cou, que se pose un rayon de sa lumière blessante. Je m’aveugle en soleil, solitaire d’infini mordu d’un ressenti sans pareil. Voilà ce que je cherche, l’instant décisif, fatal, mortel, où tout nous tue ! Tout nous tue et nous emmène plus loin, en nous. Voilà ce que nous sommes, au fond d’un somme qui ronge, acide méphitique nous voyons comme en songe une sagesse qui change. Changer est donc mourir. Naître et mourir encore. Se perdre par le monde au fond de ses yeux d’or ! La rage d’écrire, de danser, chanter, peindre… tout cela n’est que rage de vivre, rage de sens, rage dedans !

 

Je me mords la langue pour ne pas étouffer sous le sang qui m’assaille. Le reflux m’interroge sur ce nom de massaï. Lorsque je me sens fort, que je vis au gré du temps, du vent, du vol des vagues. Vagues reflets de ma conscience déchaînée, consternant tableau d’un paysage qui trait le ciel pour faire la pluie dans un tableau tout fauve. Habiter le monde serait y bien échoir. L’être est là, son corps vit. Il doit suivre un mouvement que son être est en fait puisque le monde le rend ainsi fait dans le temps qu’il l’habite. Non non non, si si si. Le monde n’est pas cyclique, il s’agit d’un dialogue, entre l’être et le monde, le temps n’est que l’idée du temps qu’on met à présenter chacun sous toutes ses facettes, son âme à l’autre en face. Moi je me présente bien, puisque je ne vis pas souvent deux fois la même chose. Jamais en fait, et tout le monde doit bien se présenter. Sinon, quelles conneries que ce serait ! Lorsque j’écris ces mots, je dois bien m’avouer que je préfèrerais que tout le monde me demande de me ré-expliquer. C’est important pour moi, et tout est trop vite dit. Répéter tout le temps serait un bon moyen de ne jamais m’avouer vaincu par ce qui se trame dans les quelques neurones de trop que j’ai. Qui s’emmerde et ne font que des conneries.



«un long et raisonné dérèglement de tous les sens»…

rien à dire, j’ai mal à en crever: «cyclothymie, en ces termes te reconnais tu?» je plonge dans l’irrésoluble fourvoiement du bonheur, me noie un peu, mais ça ne marche pas, j’ai toujours besoin d’air

 

de cet air

 

noir

 

froid et sec, la tête hors de l’eau de la vie, l’envie des secrets ressurgit,

j’aime pas ça

encore une fois je la ramène au présent, le furieux se découpe dans l’ombre de la déraison, je tourne un bouton: mode bonheur

 

pas de préfabriqué pourtant, la réalité des choses est une modulation, un son, une fréquence, et si je dis quelque chose, je marque ma réalité de son idée, j’exploite ma capacité à me montrer que je peux me tromper en me trompant encore, c’est du sophisme, mais je ne dis pas qu’il n’y a pas de vérité, juste que je sais que la mienne en est toujours une autre…

c’est aussi une fuite, je peux dire ce que je veux, de toutes façons je n’en pense pas moins, mais je glisse lentement de mon objectif à mon biais… de découvrir la vérité et exprimer la pureté retrouvée de l’expression totale, à moi… certes, dans ce chemin, le moi a un sens. je ne pourrais pas me permettre de le couper sans changer de voie, sortir de cette idée de totale transparence à moi-même, mais là où je me retrouve, dans ma tête et dans mon monde, cette situation fait juste que je suis prisonnier de mon bon plaisir, et je vous rassure, je n’aimerais pas du tout être à ma place

 

assumer le phlaurian… foutre, c’est pas facile, il n’y a qu’une seule évidence, «c’est ailleurs» encore une fois la fuite

 

je représente pour moi le rêve de ce que je suis et le cauchemar de la réalisation d’une part de réalité, j’aimerais être phlaurian sans l’être, et moins m’en détacher…

 

connard de cupidon, il broie la réalité du jeu en liant à jamais le destin des personnes, la mort ne les sépare pas, mais les fait se retrouver encore plus… encore plus loin…

 

et puis, une mer céruléenne se glisse sous mes genoux, je n’aime pas l’eau, il fait froid et j’ai peur, sous la surface, des cris peut-être, un peu de fièvre, de la passion du divertissement… plonger? oui, mais non… mais…

 

une dernière goulée d’air pour la route, de cet air aride qu’on respire dans le doute

 

douceur

 

mort

 

et remords

 

sont les symptômes d’un grand trésor…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Que la joie explose en une multitude de cavernes mouchetées! que les fleurs galopent au vent sous le ciel d’été! que la brève envie de voir la vie abrégée abreuve le voile de l’inconscience et s’ensuive d’une silencieuse assonnance. . .

il faut dépasser, s’en prendre dans les gencives mène à une chose: la volonté.

 

il faut avoir de la raison pour reconnaître qu’on l’a perdue, se faire «voleur de feu»…

 

 



j’ai été perdu, je me suis retrouvé…

mais je ne suis peut-être déjà plus là… Thimar m’aide…

 

hier soir j’ai entendu les cris du sable, j’ai vu le monde défiler autour de moi comme le paysage d’un train, comme une fenêtre qui s’oublierait…

hier soir j’avais peur d’être encore ce que j’avais peur d’être, j’ai craint quelques instants, quelques heures, comme souvent, de m’être rejeté par-dessus bord, au bord du ciel vomissent les oiseaux sans nuages…

 

des images sans fins défilent sous les steppes arides de mes tempes, dévalent mon front faché, dévoilent les sombres recoins de mes yeux, j’y verrai clair quand…

rien, le noir aime à me rappeler que mon monde est d’un blanc trop fort, mort, que mon corps a tort de croire qu’il verra, même s’il doit voir, même s’il doit bien finir par y avoir…

quelque chose d’enfoui finira par resurgir, reste troublé d’une parcelle d’insinuation, strangulation folle de l’idée jusqu’à son épuisement, plus d’air, est-ce cela l’Ataraxie?

 

je m’arrête et contemple, entend et me dédouble, j’ai froissé le souvenir de mes réveils successifs, j’ai froid, c’est le sourd frisson, l’affre, l’irréelle horreur au fond de ces chemins,

marre murmure d’or dans ces voiles de femmes, yeux de plombs scellant mon cœur, baisers secrets cadenassant ma cellule, ma tête, m’offrant mes frayeurs sur un plateau, de peur,

saigner est la libération du secret, mourir la révélation de la vie, entendez par-là que la mort ne doit venir qu’à la toute fin, que le sang est trop pur pour être gaspillé dans des désenfantillages…

 

qui a cru, qui accroît, qui amasse et qui s’amuse? qui meurt et renouvelle? oublie le temps présent, vogue sur une caravelle, au gré du vent…

`Oud, amour endolori, clameur dans la forêt du ressenti, douce réincarnation de ce qui fut joyeux dans une peau plus forte…

qui croirait encore à la mort? quelle folie pousse quels fous à éspérer plus fort? quels instants sont les bons?

 

¿ rien a disparu, les vides se comblent doucement tandis que se réaffirme ma dépendance à un son, les morts parlent par les cordes, ils clament qu’ils n’ont pas fauté, mais là où ils sont, ils ne savent ce que signifie ce que je cherche… stupide amour du feu, stupide amour du froid, stupide est l’ancien mort qui croit vivre par moi, crâme brûle et entend, ce que tu as dans la tête n’est pas de la musique c’est un serment, tu as donné ton âme au monde et elle t’a offert le doux balancement de l’onde, tu as engagé ton éternité dans le but incessament renouvelé de ne pas laisser mourrir les pierres dans le silence, pesant, et l’ennui mortel de l’incompréhension même de ce qu’est la musique… ¡ le silence oui, mais qu’il soit vibrant, ténu, cristallin ou feulant, il doit être habité…

creuse en toi, arrache tout ce qui t’empêche de voir ce que tu es, crie encore que la haine et l’amour sont les mêmes, qui ne se comprennent pas, qui n’ont pas le même visage, qui se frayent un chemin jusqu’à la conscience sans chercher de justifications, sans prendre garde aux vies qu’ils renversent, crie encore que tu es jeune, n’oublies pas de te perdre… ne me demande rien, je risquerais de mal prendre le fait que tu n’as pas assez foi en moi pour croire que je te dirai tout au moment opportun…

n’oublie pas de penser que je suis le double-visage du monde, celui qui t’aime et celui qui te hait, qui t’attire et te repousse, sans cesse… j’en demeure mieux déchiqueté que toi, et si tu crois avoir souffert quelque part ne demande jamais ma place… je suis l’inaccessible présence, amoureux de toujours de cette goutte de rosée qui un jour osa sortir d’un lambeau de fleur pour rafraîchir la brume auroréale… respire et dit toi que je suis l’oxygène et le carbone, qui te font naître et sauront te tuer…

 

découpe

sillone

mord

 

aime

furieuse

mort

 

pleure

hanche

sœur

 

j’aurais du naître tel que je suis, j’aurais juste du être un peu différent, me croire moins «moi» être un peu moins au courant que le monde «c’est pour de vrai», arrêter de me croire fou plus tôt, ne pas l’être vraiment… je n’aurais peut-être pas du me dire à quatre ans que le bien est le mal sont des données d’une intransigeance totale qui nous empêche de savoir s’il y a relativité de l’acte dans l’absolu d’une réflexion, s’il vaut mieux ne rien faire, si le fait même de penser signifie le viol, si la mort est plus forte que la déchéance… je n’aurais peut-être pas du mettre sept ans à réaliser que le monde autour de moi existait, qu’il avait vécu avant, et que moi-même j’évoluais…

j’aurais du me taire il y a bien longtemps, ou ne jamais cesser ce flot de paroles, garder pour moi cette boîte de pandore ou réaliser mon œuvre sinistre… est-il contre nature de chercher à voir le bien dans un cas comme le mien ? tout ou rien, bien comme mal, les extrémités seront toujours mon dernier recours, ma place est parmis le…

 

nulle part, je n’ai pas de place, je n’ai plus de place, je n’ai jamais eu de place, mais j’en aurai une, je ne sais pas si je suis humain dans mes réflexions et la pénombre de ma conscience mais je sais qu’au fond de moi la musique crie encore, je pourrais éternellement me poser les mêmes questions, jouer le même jeu sinistre de mon ambivalence, mais rien n’est plus vrai, plus réel que ce son…

maintenant il m’est nécessaire de jouer jusqu’à ce que le rien ai ravalé le cosmos puisque les yeux d’un rêve m’en donnent le force…



avancer est aussi reculer…

à quoi sers-je? suis-je ce souci sans cesse asséné de soi?

faim… la faim me tenaille parfois comme l’envie de mourir. cyclothymie, en ces termes te reconnais-tu? intraitable envers moi-même je n’ai de cesse de me contredire… j’erre en moi… je replonge dans cette douce pénombre faite d’inquiétude et de remords… dernier garde-fou avant la folie, doucereuse, elle… arrive un moment où, lorsque je suis trop heureux de réussir à faire ce que je veux faire, me vient la peur de ne pas savoir contrôler cette réussite, de la jeter à terre, la piétiner… et une envie de piétiner pour au moins être sûr de ce que je fais…

le morbide me serre à la gorge… m’étouffe… me tue… mourir de cette façon était satisfaisant autrefois… pourquoi plus maintenant?

horrible sentiment d’avoir perdu mon temps… de l’inanité, l’insensé, du désir, de la vacuité des choses… pour cela seul je veux atteindre l’ultime… mon absolu et mon rêve, ma vanité et mon orgueil… je ne comprends plus pourquoi je n’aime pas les gens… pourquoi je suis si dur, méchant… pourquoi tout contact physique me rebute… mais je sais que cela ne fait qu’avancer mon blues… que le sentiment, tout ce que je veux rejoindre passe nettement plus fort au travers de mon être… j’ai besoin de faire un peu mal avec cette voix, toucher ces cœurs… faire sortir ce qu’ils se cachent à eux-mêmes… même si je dois pour cela souffrir au-delà du possible… je veux être le canal d’une énergie supérieure… je veux procurer ce que tout le monde cherche… devenir un paradis… un paradigme…
tout en moi crie au délire, je me rue sur les foules d’idées et dérobe sous mes yeux affolés le mouvement d’automne… j’oublie d’être cet autre tandis qu’une part de moi s’enfonce dans la lente suggestion d’un concept… je me cache sans cesse la religion que je pratique avec ferveur… the falling leaves, of red and gold

rien ne va, évidemment, puisque je vais mal… je dois rechercher ce qui me composait… j’avais construit un empire de bonheur à partir de rien… je dois le reconquérir, mais… l’homme veut-il réellement être heureux par nature?
quelque chose qui me gêne en moi doit sortir… seul sans doute… il me faut prendre le temps, la mesure…
pourquoi vous me faites ça? rien qu’une étoile… de toutes façons c’est moi qui comprends bizarrement les choses… ça je le sais, je sais trop de choses, puisque je n’aime pas savoir, j’invente ce que je ne sais pas… mais je sais que si j’apprends je prends le meilleur… la poësie qui compose mes atomes me force juste à lui rendre une part de spontanéité imbécile que je lui accorde volontiers… d’ailleurs qu’est la vérité? une nuance subtile dans le jugement des êtres, voilà tout… tout peut être vrai, tout est vrai, mais à nuancer… et si tout était réellement blanc ou noir? bein on serait pas dans la merde…

lourd… du lourd sur les épaules… du bourrin, des tripes, des couilles, assumez-moi tout ça… de la fierté… que dis-je fierté? suffisance… mais en même temps les autres sont si souvent merdiques… pas de leur faute… autant que moi, mais ça ne me, ne nous plaît pas, ne plaît plus… comment accepter l’altérité alors qu’on a du mal avec soi même? qui oserait croire que les autres sont différents de nous? tous pareils, tous différents, on se cherche dans les visages dans les miroirs… on se trouve dans des gouttes d’eux… on est fort pour se côtoyer… n’accepter que ce qui en les autres est typiquement nous… ou le rejeter de bloc, mais jamais de nuance avec nous-même en fait… on se sent, se renifle, se dévisage… on s’adore ou on se désespère… des fois tout à la fois, mais qu’est-ce qu’on est dégueulasse si j’en crois ce que je vois chez les autres! pas étonnant que je m’aime pas si je suis ainsi… bande de pourris… comme moi…

où j’en suis? par là… je crois qu’il n’est plus très utile de savoir où on en est puisqu’on ne sait pas où on va… pour moi peu importe le lieu… moi, moi, moi, voilà ce que je répète et ce qui compte… marre de suer? mais à quoi sert ce monde? coup de gueule déguobillé, je sens que je vais me faire jerckler par la partie de moi qui sait positiver quand elle va revenir… mais pour l’instant ça doit être une période où elle est en vacances…

plus d’envies pour rien… c’est dingue ça, avant l’air m’avait constamment l’air lumineux, là… j’y vois rien, j’ai plus la force de bouger, je suis vidé…

la note s’écroule… elle se relèvera tôt ou tard, mais elle voudrait juste dormir… comment faire quand dormir n’est pas un choix? pas acceptable? scindé entre des pseudo-principes d’un autre temps à la noix et des envies à ne plus savoir qu’en faire je me déchire lentement… du lourd… je veux du lourd… ce n’est qu’une passage à vide… j’aimerais être propre, je me sens grouillant de vers… t’as tout simplement reveillé un soupçon en moi… celui-de me croire autrement que je ne le suis… de me cacher à ma vue pour ne pas me dégoûter… moi qui croyais me connaître, je dois encore faire ce retour sur moi, retourner voir qui je suis… combien de temps cela me prendra-t-il? oui, il me faut ce retour douloureux sur ce que je suis… je ne m’accepte pas vraiment… je suis obligé de me simplifier pour me comprendre… je me comprends sans doute plus que beaucoup de monde… mais j’ai plus besoin de me comprendre pour être bien… grâce à toi je prends peu à peu conscience que ce n’est que le retournement d’un de mes chers axiomes directeurs… les gens ne doivent pas prendre de place dans ma vie, sinon pour me renvoyer à ce que je ne suis pas, si ils me ramènent à moi, si je me la ramène auprès d’eux, c’est que j’ai rien compris… il faut juste que je bosse beaucoup… la musique me reprendra bientôt totalement, elle avait quelques heures… quelques jours délaissé une pointe de mon subconscient… oui, c’était des idées… j’en ai toujours trop… mais je dois assumer mon cerveau comme mes couilles… comme mes tripes… je sais que je suis un lâche qui veut dire au monde entier ce qu’il en pense… qui osera le faire si on accepte de reconnaître sa lâcheté, qui n’est que la manifestation de son désir de changement, pour devenir plus lâche encore, et faire plus de choses…

bof… une poignée de vers devrait me remplir l’estomac… un sonnet élizabethin pour changer? je prends mes libertés avec la forme…

ainsi que j’ai été j’ai pu me satisfaire
me doubler de fumée pour cacher mon éther
maintenant au travers de tout ce sentiment
je dois réaliser ce que je suis vraiment

ces vers simples que j’écris s’ils ne satisfont
pas toute ma poësie au moins je sais qu’ils sont
au travers de mon être un désir de charnel
irrésolu par la peur de paraître mortel…

plus loin que toutes mes pensées
se cache un éden si souvent ressassé
une sombre plaine et de sombres collines
d’où pourrait surgir la lumière calîne
d’un océan d’amour, d’une saison d’été
précédant mon automne monotone et charmant…



que choisir?

j’ai fait tout ça pour toi. tout ce qui s’est étalé de façon si brusque, désenchantée. je suis un peu plus paumé aujourd’hui que demain, toujours un peu moins qu’hier, mais il me faudra encore du temps pour revenir à ce tranquille état de rêveur solitaire. peut-être même n’y retournerai-je jamais? pourquoi me sens-je obligé de relater ainsi sempiternellement mes errements? peut-être pour me sentir ensuite rassuré en me disant que les autres peuvent du coup être au courant. pourtant je veux que ma vie reste la mienne. mais aussi que tous s’y intéressent. et pas au détriment des leurs. je cherche la tranquillité, mais de façon contradictoire aussi la satisfaction. jusqu’où peut donc se plonger mon regard? est-ce lui qui me révèle des choses dans les êtres que je croise que je n’oserais soupçonner? ou mon cerveau qui affabule? dois-je croire incessament en l’idéal en étant sans cesse confronté au monde qui veut le faire disparaître? ou me désillusionner et apprendre à me satisfaire aujourd’hui de ce qui sera peut-être (sigh) un rêve demain?

après dix minutes de réflexion (soldées à dix secondes lors de l’écriture et une lors de la lecture) phlaurian décide d’être guilleret et que désormais il y aura des papillons partout…



malade

malade, gris, tout est gris, la lumière se tarit, j’avance sans y croire, et je suis aigri, amaigri. le sol se lève, mon ventre se soulève, je veux me rendre au monde. dormir ne suffit plus, il faut mourir. quand je pense, j’en ai assez, je ne veux, même, plus penser, qu’est ce que j’aime, grande déception, ma vie de malade, embarqué, arnaqué, dois-je en dire? ma vie m’a trompé, lésé je me sens, la mort s’avance et me propose d’un ton doucereux ses tarifs éloquents. non merci, je ne prends. je préfère regarder les jeux de l’ombre qu’en faire partie, je sais que tout mal passe quand on trépasse, mais certains passent aussi dans la vie…
je regarde dehors, j’englobe le soleil, ma gorge se déroule et je crie aux merveilles. la foule se dérobe, y’a personne de pareil, j’en ai assez, j’en ai assez, j’en ai assez, j’en ai assez. que je dise n’importe quoi, je laisse parler mon corps mais, qui y crois? que s’expriment tous mes os, qu’ils transmettent ce qu’ils veulent, mais que je ne sente plus dans mon dos cette épine, ce deuil. flammes, rongez moi, mais ne le faites qu’un temps, qu’un temps. femmes, haissez moi, mais laissez moi croire le contraire.



instant tanné

il est des moments, comme celui-ci, où on sait plus trop où on en est… par exemple, là, je sais parfaitement bien que ça va pas vous faire avancer de lire ce que j’écris, mais j’ai besoin de manifester cette petite torsion de coeur… je me sens, comment dire… hallucinement trop mortel… fragile, faible et sensible… je me sens comme le réceptacle des émotions des autres qui ne se déverse malheureusement pas aussi vite qu’il ne s’emplit…

 

tanné, oui tanné convient bien. Écrasé par cette envie de me mettre à la place des autres, qui m’entraîne dans le chemin destructeur de la violence corporelle… je me sens sombre, je me sais sombre, j’ai toujours été doué pour ça, s’il en est bien une chose… je me hais quand je suis ainsi… mais ne peux m’empêcher de penser que ce n’est pas ma faute, mais plutôt celle des autres qui ne savent pas vivre et tuer sans brûler le monde autour d’eux… mais je ne peux m’empêcher dans le même temps de m’apitoyer sur mon sort, ce qui me fait rougir de honte, ainsi que de me dire que je suis stupide de me laisser faire comme ça, que je n’aide pas ceux qui font du mal en ne le leur signifiant pas…

 

je souhaiterais réussir, à chaque fois que je la retrouve, à conserver éternellement cette capacité à être heureux qui fait ordinairement ce que je suis… mais plus je tombe, et plus je m’écroule… je voudrais, j’ai toujours voulu vivre en brûlant… même si ce n’est pas pour longtemps, éblouir ce monde désespéré… j’ai beau gloser je suis de plus en plus convaincu de n’avancer à rien… the best i’ll do, the worst you’d think…

 

mais quand on sait pertinement que si on ne se relève pas,alors jamais on ne sera ce qu’on veut, il n’y a que deux choix: vivre, ou mourir. brûler ou se réduire en cendres…



morcellem nt de c nscience…

Vous l’aurez compris, le but n’est maintenant plus de dire des choses intelligentes, mais d’exposer mes frasques littresques et mon grand sens de la déraison… pas de tenants, d’aboutissants, que des vecteurs… le but pour ma part, n’étant pas de comprendre mais de chercher ce que je VEUX dire… fouiller dans les tréfonds de mon âme, de ma chair, et de la terre du ciel… peut-être que quelque part ça me libèrera…




Archives pour la catégorie champs de ruine

image de l’abandon

Moi j’ai envie de perdre un peu de temps avec toi.

Perdre quantité d’heures plongé dans tes bras froids.

Perdre ma raison même, perdre, perdre, tout perdre.

 

Le sens que j’ai collé sur ce monde a cessé.

L’abîme est plus immense qu’on ne le peut penser puisque c’est la pensée qu’en cessant j’ai tué.

J’ai lancé en l’air tout ce qui avait pu naître de mon cerveau malade et bouffé de paraître la douceur d’exister. J’ai offert à mes lèvres un monde qui ne m’appartenait pas, juste pour avoir le plaisir maintenant de tout perdre. Non. J’ai voulu construire, faire sens pour offrir, aux hommes, aux autres, quelque chose qui vaille la peine d’être vécu. Je me sens floué, trahi au plus profond de mon être puisqu’après avoir trouvé cette raison de vivre je préfère l’oublier entre tes bras trop froids. Là est mon dilemme. Ce n’est pas de l’amour, ni passion ni vertu ni raison consacrée. Ce n’est pas l’obéissance à un appel de chair. Ni un refoulement du passé qui boirait au fond de ton tombeau quelques restes d’espoir. Ce n’est rien, rien, il n’y a jamais rien quand tout s’écroule. Voilà l’image :

 

Je passe mon temps à marcher sur un sentier que je découvre. Je crie sans cesse aux hommes : « voilà ! Je suis passé par là ! Peut-être est-ce une voie pour sortir de cette forêt, peut-être y a-t-il un ailleurs ! Je marche devant vous pour trouver de quoi vivre, aidez moi de vos cris ! Dites moi que vous êtes vivant par votre clameur ! » mais d’un seul coup j’entends comme un coup sourd, je ne vois que du noir, je sens du sang sur mon crâne, et quand je me relève je ne reconnais rien. Je ne sais plus quel chemin j’ai parcouru, où sont les autres que j’avais entendu avant, je ne sais plus rien, mais je sais qu’avant j’apercevais des signes qui me disaient : « oui ! Nous sommes la civilisation ! Avance vers nous et découvre ce que tu es venu chercher, oui nous sommes le sens que tu veux inventer ! » parfois je suis tombé sur des carrières de pierre, me suis dit qu’avec on pourrait faire des haches, couper au moins un arbre pour pouvoir voir plus clair dans cette forêt bien sombre. Jamais nous ne fîmes ne serait-ce qu’une cahutte, jamais je ne rencontrai personne. J’entendis des gens au loin et ne sut jamais s’ils étaient l’œuvre de mon imagination ou s’ils existaient vraiment. J’ai aperçu des taches de couleurs qui dansaient, parfois pas loin de moi, mais elles ne m’entendaient pas et je n’arrivai pas à les rejoindre assez vite.

 

À chaque fois que j’ai eu l’impression de découvrir quelque chose qui donne l’idée d’autre chose, je l’ai senti venir. À chaque fois je me suis retourné, guettant cette ombre folle qui bouffait ma mémoire. À chaque fois je l’entendis. À chaque fois il n’était que silence. À chaque fois j’étais autre part, plus malade et plus fatigué et à chaque fois les rires entendus au loin me donnaient l’envie, le désir oppressant de rejoindre les autres… j’essayais tout le temps, mais. Mais jamais personne n’essaya de me rejoindre semblerait-il…

quelques grammes de pensée, instants posés sur quelques mots. quelque chose à dire…

Presque un peu de langueur, voilà que s’interroge l’esprit qui m’anima. Anima est un mot, le mot a fait le sens, le sens est suranné et nous croyons savoir en ayant asséné. Une valse de mots, un air qui (vacille) n’en finit que là où finit l’air, l’asphyxie nous attend. Tout ce qui m’emporta, tout ce que je travaille, le message que mes mots portent là où mes phrases déraillent. Enfin les sons s’enchaînent. Enfin j’aligne un peu les idées sur la scène, le théâtre inventé, image d’un autre monde… le son, la couleur, le sens, les mots, langage ! Tout ce qui veut la remplacer ! Elle ! Ma chère douleur ! Foulée au pied par tant de mimétisme, nous ne voyons plus rien de ce que nous vivons vraiment, nous ne voyons plus rien au fond du firmament. J’ordonne à la lune d’accepter sur mon cou, que se pose un rayon de sa lumière blessante. Je m’aveugle en soleil, solitaire d’infini mordu d’un ressenti sans pareil. Voilà ce que je cherche, l’instant décisif, fatal, mortel, où tout nous tue ! Tout nous tue et nous emmène plus loin, en nous. Voilà ce que nous sommes, au fond d’un somme qui ronge, acide méphitique nous voyons comme en songe une sagesse qui change. Changer est donc mourir. Naître et mourir encore. Se perdre par le monde au fond de ses yeux d’or ! La rage d’écrire, de danser, chanter, peindre… tout cela n’est que rage de vivre, rage de sens, rage dedans !

 

Je me mords la langue pour ne pas étouffer sous le sang qui m’assaille. Le reflux m’interroge sur ce nom de massaï. Lorsque je me sens fort, que je vis au gré du temps, du vent, du vol des vagues. Vagues reflets de ma conscience déchaînée, consternant tableau d’un paysage qui trait le ciel pour faire la pluie dans un tableau tout fauve. Habiter le monde serait y bien échoir. L’être est là, son corps vit. Il doit suivre un mouvement que son être est en fait puisque le monde le rend ainsi fait dans le temps qu’il l’habite. Non non non, si si si. Le monde n’est pas cyclique, il s’agit d’un dialogue, entre l’être et le monde, le temps n’est que l’idée du temps qu’on met à présenter chacun sous toutes ses facettes, son âme à l’autre en face. Moi je me présente bien, puisque je ne vis pas souvent deux fois la même chose. Jamais en fait, et tout le monde doit bien se présenter. Sinon, quelles conneries que ce serait ! Lorsque j’écris ces mots, je dois bien m’avouer que je préfèrerais que tout le monde me demande de me ré-expliquer. C’est important pour moi, et tout est trop vite dit. Répéter tout le temps serait un bon moyen de ne jamais m’avouer vaincu par ce qui se trame dans les quelques neurones de trop que j’ai. Qui s’emmerde et ne font que des conneries.

«un long et raisonné dérèglement de tous les sens»…

rien à dire, j’ai mal à en crever: «cyclothymie, en ces termes te reconnais tu?» je plonge dans l’irrésoluble fourvoiement du bonheur, me noie un peu, mais ça ne marche pas, j’ai toujours besoin d’air

 

de cet air

 

noir

 

froid et sec, la tête hors de l’eau de la vie, l’envie des secrets ressurgit,

j’aime pas ça

encore une fois je la ramène au présent, le furieux se découpe dans l’ombre de la déraison, je tourne un bouton: mode bonheur

 

pas de préfabriqué pourtant, la réalité des choses est une modulation, un son, une fréquence, et si je dis quelque chose, je marque ma réalité de son idée, j’exploite ma capacité à me montrer que je peux me tromper en me trompant encore, c’est du sophisme, mais je ne dis pas qu’il n’y a pas de vérité, juste que je sais que la mienne en est toujours une autre…

c’est aussi une fuite, je peux dire ce que je veux, de toutes façons je n’en pense pas moins, mais je glisse lentement de mon objectif à mon biais… de découvrir la vérité et exprimer la pureté retrouvée de l’expression totale, à moi… certes, dans ce chemin, le moi a un sens. je ne pourrais pas me permettre de le couper sans changer de voie, sortir de cette idée de totale transparence à moi-même, mais là où je me retrouve, dans ma tête et dans mon monde, cette situation fait juste que je suis prisonnier de mon bon plaisir, et je vous rassure, je n’aimerais pas du tout être à ma place

 

assumer le phlaurian… foutre, c’est pas facile, il n’y a qu’une seule évidence, «c’est ailleurs» encore une fois la fuite

 

je représente pour moi le rêve de ce que je suis et le cauchemar de la réalisation d’une part de réalité, j’aimerais être phlaurian sans l’être, et moins m’en détacher…

 

connard de cupidon, il broie la réalité du jeu en liant à jamais le destin des personnes, la mort ne les sépare pas, mais les fait se retrouver encore plus… encore plus loin…

 

et puis, une mer céruléenne se glisse sous mes genoux, je n’aime pas l’eau, il fait froid et j’ai peur, sous la surface, des cris peut-être, un peu de fièvre, de la passion du divertissement… plonger? oui, mais non… mais…

 

une dernière goulée d’air pour la route, de cet air aride qu’on respire dans le doute

 

douceur

 

mort

 

et remords

 

sont les symptômes d’un grand trésor…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Que la joie explose en une multitude de cavernes mouchetées! que les fleurs galopent au vent sous le ciel d’été! que la brève envie de voir la vie abrégée abreuve le voile de l’inconscience et s’ensuive d’une silencieuse assonnance. . .

il faut dépasser, s’en prendre dans les gencives mène à une chose: la volonté.

 

il faut avoir de la raison pour reconnaître qu’on l’a perdue, se faire «voleur de feu»…

 

 

j’ai été perdu, je me suis retrouvé…

mais je ne suis peut-être déjà plus là… Thimar m’aide…

 

hier soir j’ai entendu les cris du sable, j’ai vu le monde défiler autour de moi comme le paysage d’un train, comme une fenêtre qui s’oublierait…

hier soir j’avais peur d’être encore ce que j’avais peur d’être, j’ai craint quelques instants, quelques heures, comme souvent, de m’être rejeté par-dessus bord, au bord du ciel vomissent les oiseaux sans nuages…

 

des images sans fins défilent sous les steppes arides de mes tempes, dévalent mon front faché, dévoilent les sombres recoins de mes yeux, j’y verrai clair quand…

rien, le noir aime à me rappeler que mon monde est d’un blanc trop fort, mort, que mon corps a tort de croire qu’il verra, même s’il doit voir, même s’il doit bien finir par y avoir…

quelque chose d’enfoui finira par resurgir, reste troublé d’une parcelle d’insinuation, strangulation folle de l’idée jusqu’à son épuisement, plus d’air, est-ce cela l’Ataraxie?

 

je m’arrête et contemple, entend et me dédouble, j’ai froissé le souvenir de mes réveils successifs, j’ai froid, c’est le sourd frisson, l’affre, l’irréelle horreur au fond de ces chemins,

marre murmure d’or dans ces voiles de femmes, yeux de plombs scellant mon cœur, baisers secrets cadenassant ma cellule, ma tête, m’offrant mes frayeurs sur un plateau, de peur,

saigner est la libération du secret, mourir la révélation de la vie, entendez par-là que la mort ne doit venir qu’à la toute fin, que le sang est trop pur pour être gaspillé dans des désenfantillages…

 

qui a cru, qui accroît, qui amasse et qui s’amuse? qui meurt et renouvelle? oublie le temps présent, vogue sur une caravelle, au gré du vent…

`Oud, amour endolori, clameur dans la forêt du ressenti, douce réincarnation de ce qui fut joyeux dans une peau plus forte…

qui croirait encore à la mort? quelle folie pousse quels fous à éspérer plus fort? quels instants sont les bons?

 

¿ rien a disparu, les vides se comblent doucement tandis que se réaffirme ma dépendance à un son, les morts parlent par les cordes, ils clament qu’ils n’ont pas fauté, mais là où ils sont, ils ne savent ce que signifie ce que je cherche… stupide amour du feu, stupide amour du froid, stupide est l’ancien mort qui croit vivre par moi, crâme brûle et entend, ce que tu as dans la tête n’est pas de la musique c’est un serment, tu as donné ton âme au monde et elle t’a offert le doux balancement de l’onde, tu as engagé ton éternité dans le but incessament renouvelé de ne pas laisser mourrir les pierres dans le silence, pesant, et l’ennui mortel de l’incompréhension même de ce qu’est la musique… ¡ le silence oui, mais qu’il soit vibrant, ténu, cristallin ou feulant, il doit être habité…

creuse en toi, arrache tout ce qui t’empêche de voir ce que tu es, crie encore que la haine et l’amour sont les mêmes, qui ne se comprennent pas, qui n’ont pas le même visage, qui se frayent un chemin jusqu’à la conscience sans chercher de justifications, sans prendre garde aux vies qu’ils renversent, crie encore que tu es jeune, n’oublies pas de te perdre… ne me demande rien, je risquerais de mal prendre le fait que tu n’as pas assez foi en moi pour croire que je te dirai tout au moment opportun…

n’oublie pas de penser que je suis le double-visage du monde, celui qui t’aime et celui qui te hait, qui t’attire et te repousse, sans cesse… j’en demeure mieux déchiqueté que toi, et si tu crois avoir souffert quelque part ne demande jamais ma place… je suis l’inaccessible présence, amoureux de toujours de cette goutte de rosée qui un jour osa sortir d’un lambeau de fleur pour rafraîchir la brume auroréale… respire et dit toi que je suis l’oxygène et le carbone, qui te font naître et sauront te tuer…

 

découpe

sillone

mord

 

aime

furieuse

mort

 

pleure

hanche

sœur

 

j’aurais du naître tel que je suis, j’aurais juste du être un peu différent, me croire moins «moi» être un peu moins au courant que le monde «c’est pour de vrai», arrêter de me croire fou plus tôt, ne pas l’être vraiment… je n’aurais peut-être pas du me dire à quatre ans que le bien est le mal sont des données d’une intransigeance totale qui nous empêche de savoir s’il y a relativité de l’acte dans l’absolu d’une réflexion, s’il vaut mieux ne rien faire, si le fait même de penser signifie le viol, si la mort est plus forte que la déchéance… je n’aurais peut-être pas du mettre sept ans à réaliser que le monde autour de moi existait, qu’il avait vécu avant, et que moi-même j’évoluais…

j’aurais du me taire il y a bien longtemps, ou ne jamais cesser ce flot de paroles, garder pour moi cette boîte de pandore ou réaliser mon œuvre sinistre… est-il contre nature de chercher à voir le bien dans un cas comme le mien ? tout ou rien, bien comme mal, les extrémités seront toujours mon dernier recours, ma place est parmis le…

 

nulle part, je n’ai pas de place, je n’ai plus de place, je n’ai jamais eu de place, mais j’en aurai une, je ne sais pas si je suis humain dans mes réflexions et la pénombre de ma conscience mais je sais qu’au fond de moi la musique crie encore, je pourrais éternellement me poser les mêmes questions, jouer le même jeu sinistre de mon ambivalence, mais rien n’est plus vrai, plus réel que ce son…

maintenant il m’est nécessaire de jouer jusqu’à ce que le rien ai ravalé le cosmos puisque les yeux d’un rêve m’en donnent le force…

avancer est aussi reculer…

à quoi sers-je? suis-je ce souci sans cesse asséné de soi?

faim… la faim me tenaille parfois comme l’envie de mourir. cyclothymie, en ces termes te reconnais-tu? intraitable envers moi-même je n’ai de cesse de me contredire… j’erre en moi… je replonge dans cette douce pénombre faite d’inquiétude et de remords… dernier garde-fou avant la folie, doucereuse, elle… arrive un moment où, lorsque je suis trop heureux de réussir à faire ce que je veux faire, me vient la peur de ne pas savoir contrôler cette réussite, de la jeter à terre, la piétiner… et une envie de piétiner pour au moins être sûr de ce que je fais…

le morbide me serre à la gorge… m’étouffe… me tue… mourir de cette façon était satisfaisant autrefois… pourquoi plus maintenant?

horrible sentiment d’avoir perdu mon temps… de l’inanité, l’insensé, du désir, de la vacuité des choses… pour cela seul je veux atteindre l’ultime… mon absolu et mon rêve, ma vanité et mon orgueil… je ne comprends plus pourquoi je n’aime pas les gens… pourquoi je suis si dur, méchant… pourquoi tout contact physique me rebute… mais je sais que cela ne fait qu’avancer mon blues… que le sentiment, tout ce que je veux rejoindre passe nettement plus fort au travers de mon être… j’ai besoin de faire un peu mal avec cette voix, toucher ces cœurs… faire sortir ce qu’ils se cachent à eux-mêmes… même si je dois pour cela souffrir au-delà du possible… je veux être le canal d’une énergie supérieure… je veux procurer ce que tout le monde cherche… devenir un paradis… un paradigme…
tout en moi crie au délire, je me rue sur les foules d’idées et dérobe sous mes yeux affolés le mouvement d’automne… j’oublie d’être cet autre tandis qu’une part de moi s’enfonce dans la lente suggestion d’un concept… je me cache sans cesse la religion que je pratique avec ferveur… the falling leaves, of red and gold

rien ne va, évidemment, puisque je vais mal… je dois rechercher ce qui me composait… j’avais construit un empire de bonheur à partir de rien… je dois le reconquérir, mais… l’homme veut-il réellement être heureux par nature?
quelque chose qui me gêne en moi doit sortir… seul sans doute… il me faut prendre le temps, la mesure…
pourquoi vous me faites ça? rien qu’une étoile… de toutes façons c’est moi qui comprends bizarrement les choses… ça je le sais, je sais trop de choses, puisque je n’aime pas savoir, j’invente ce que je ne sais pas… mais je sais que si j’apprends je prends le meilleur… la poësie qui compose mes atomes me force juste à lui rendre une part de spontanéité imbécile que je lui accorde volontiers… d’ailleurs qu’est la vérité? une nuance subtile dans le jugement des êtres, voilà tout… tout peut être vrai, tout est vrai, mais à nuancer… et si tout était réellement blanc ou noir? bein on serait pas dans la merde…

lourd… du lourd sur les épaules… du bourrin, des tripes, des couilles, assumez-moi tout ça… de la fierté… que dis-je fierté? suffisance… mais en même temps les autres sont si souvent merdiques… pas de leur faute… autant que moi, mais ça ne me, ne nous plaît pas, ne plaît plus… comment accepter l’altérité alors qu’on a du mal avec soi même? qui oserait croire que les autres sont différents de nous? tous pareils, tous différents, on se cherche dans les visages dans les miroirs… on se trouve dans des gouttes d’eux… on est fort pour se côtoyer… n’accepter que ce qui en les autres est typiquement nous… ou le rejeter de bloc, mais jamais de nuance avec nous-même en fait… on se sent, se renifle, se dévisage… on s’adore ou on se désespère… des fois tout à la fois, mais qu’est-ce qu’on est dégueulasse si j’en crois ce que je vois chez les autres! pas étonnant que je m’aime pas si je suis ainsi… bande de pourris… comme moi…

où j’en suis? par là… je crois qu’il n’est plus très utile de savoir où on en est puisqu’on ne sait pas où on va… pour moi peu importe le lieu… moi, moi, moi, voilà ce que je répète et ce qui compte… marre de suer? mais à quoi sert ce monde? coup de gueule déguobillé, je sens que je vais me faire jerckler par la partie de moi qui sait positiver quand elle va revenir… mais pour l’instant ça doit être une période où elle est en vacances…

plus d’envies pour rien… c’est dingue ça, avant l’air m’avait constamment l’air lumineux, là… j’y vois rien, j’ai plus la force de bouger, je suis vidé…

la note s’écroule… elle se relèvera tôt ou tard, mais elle voudrait juste dormir… comment faire quand dormir n’est pas un choix? pas acceptable? scindé entre des pseudo-principes d’un autre temps à la noix et des envies à ne plus savoir qu’en faire je me déchire lentement… du lourd… je veux du lourd… ce n’est qu’une passage à vide… j’aimerais être propre, je me sens grouillant de vers… t’as tout simplement reveillé un soupçon en moi… celui-de me croire autrement que je ne le suis… de me cacher à ma vue pour ne pas me dégoûter… moi qui croyais me connaître, je dois encore faire ce retour sur moi, retourner voir qui je suis… combien de temps cela me prendra-t-il? oui, il me faut ce retour douloureux sur ce que je suis… je ne m’accepte pas vraiment… je suis obligé de me simplifier pour me comprendre… je me comprends sans doute plus que beaucoup de monde… mais j’ai plus besoin de me comprendre pour être bien… grâce à toi je prends peu à peu conscience que ce n’est que le retournement d’un de mes chers axiomes directeurs… les gens ne doivent pas prendre de place dans ma vie, sinon pour me renvoyer à ce que je ne suis pas, si ils me ramènent à moi, si je me la ramène auprès d’eux, c’est que j’ai rien compris… il faut juste que je bosse beaucoup… la musique me reprendra bientôt totalement, elle avait quelques heures… quelques jours délaissé une pointe de mon subconscient… oui, c’était des idées… j’en ai toujours trop… mais je dois assumer mon cerveau comme mes couilles… comme mes tripes… je sais que je suis un lâche qui veut dire au monde entier ce qu’il en pense… qui osera le faire si on accepte de reconnaître sa lâcheté, qui n’est que la manifestation de son désir de changement, pour devenir plus lâche encore, et faire plus de choses…

bof… une poignée de vers devrait me remplir l’estomac… un sonnet élizabethin pour changer? je prends mes libertés avec la forme…

ainsi que j’ai été j’ai pu me satisfaire
me doubler de fumée pour cacher mon éther
maintenant au travers de tout ce sentiment
je dois réaliser ce que je suis vraiment

ces vers simples que j’écris s’ils ne satisfont
pas toute ma poësie au moins je sais qu’ils sont
au travers de mon être un désir de charnel
irrésolu par la peur de paraître mortel…

plus loin que toutes mes pensées
se cache un éden si souvent ressassé
une sombre plaine et de sombres collines
d’où pourrait surgir la lumière calîne
d’un océan d’amour, d’une saison d’été
précédant mon automne monotone et charmant…

que choisir?

j’ai fait tout ça pour toi. tout ce qui s’est étalé de façon si brusque, désenchantée. je suis un peu plus paumé aujourd’hui que demain, toujours un peu moins qu’hier, mais il me faudra encore du temps pour revenir à ce tranquille état de rêveur solitaire. peut-être même n’y retournerai-je jamais? pourquoi me sens-je obligé de relater ainsi sempiternellement mes errements? peut-être pour me sentir ensuite rassuré en me disant que les autres peuvent du coup être au courant. pourtant je veux que ma vie reste la mienne. mais aussi que tous s’y intéressent. et pas au détriment des leurs. je cherche la tranquillité, mais de façon contradictoire aussi la satisfaction. jusqu’où peut donc se plonger mon regard? est-ce lui qui me révèle des choses dans les êtres que je croise que je n’oserais soupçonner? ou mon cerveau qui affabule? dois-je croire incessament en l’idéal en étant sans cesse confronté au monde qui veut le faire disparaître? ou me désillusionner et apprendre à me satisfaire aujourd’hui de ce qui sera peut-être (sigh) un rêve demain?

après dix minutes de réflexion (soldées à dix secondes lors de l’écriture et une lors de la lecture) phlaurian décide d’être guilleret et que désormais il y aura des papillons partout…

malade

malade, gris, tout est gris, la lumière se tarit, j’avance sans y croire, et je suis aigri, amaigri. le sol se lève, mon ventre se soulève, je veux me rendre au monde. dormir ne suffit plus, il faut mourir. quand je pense, j’en ai assez, je ne veux, même, plus penser, qu’est ce que j’aime, grande déception, ma vie de malade, embarqué, arnaqué, dois-je en dire? ma vie m’a trompé, lésé je me sens, la mort s’avance et me propose d’un ton doucereux ses tarifs éloquents. non merci, je ne prends. je préfère regarder les jeux de l’ombre qu’en faire partie, je sais que tout mal passe quand on trépasse, mais certains passent aussi dans la vie…
je regarde dehors, j’englobe le soleil, ma gorge se déroule et je crie aux merveilles. la foule se dérobe, y’a personne de pareil, j’en ai assez, j’en ai assez, j’en ai assez, j’en ai assez. que je dise n’importe quoi, je laisse parler mon corps mais, qui y crois? que s’expriment tous mes os, qu’ils transmettent ce qu’ils veulent, mais que je ne sente plus dans mon dos cette épine, ce deuil. flammes, rongez moi, mais ne le faites qu’un temps, qu’un temps. femmes, haissez moi, mais laissez moi croire le contraire.

instant tanné

il est des moments, comme celui-ci, où on sait plus trop où on en est… par exemple, là, je sais parfaitement bien que ça va pas vous faire avancer de lire ce que j’écris, mais j’ai besoin de manifester cette petite torsion de coeur… je me sens, comment dire… hallucinement trop mortel… fragile, faible et sensible… je me sens comme le réceptacle des émotions des autres qui ne se déverse malheureusement pas aussi vite qu’il ne s’emplit…

 

tanné, oui tanné convient bien. Écrasé par cette envie de me mettre à la place des autres, qui m’entraîne dans le chemin destructeur de la violence corporelle… je me sens sombre, je me sais sombre, j’ai toujours été doué pour ça, s’il en est bien une chose… je me hais quand je suis ainsi… mais ne peux m’empêcher de penser que ce n’est pas ma faute, mais plutôt celle des autres qui ne savent pas vivre et tuer sans brûler le monde autour d’eux… mais je ne peux m’empêcher dans le même temps de m’apitoyer sur mon sort, ce qui me fait rougir de honte, ainsi que de me dire que je suis stupide de me laisser faire comme ça, que je n’aide pas ceux qui font du mal en ne le leur signifiant pas…

 

je souhaiterais réussir, à chaque fois que je la retrouve, à conserver éternellement cette capacité à être heureux qui fait ordinairement ce que je suis… mais plus je tombe, et plus je m’écroule… je voudrais, j’ai toujours voulu vivre en brûlant… même si ce n’est pas pour longtemps, éblouir ce monde désespéré… j’ai beau gloser je suis de plus en plus convaincu de n’avancer à rien… the best i’ll do, the worst you’d think…

 

mais quand on sait pertinement que si on ne se relève pas,alors jamais on ne sera ce qu’on veut, il n’y a que deux choix: vivre, ou mourir. brûler ou se réduire en cendres…

morcellem nt de c nscience…

Vous l’aurez compris, le but n’est maintenant plus de dire des choses intelligentes, mais d’exposer mes frasques littresques et mon grand sens de la déraison… pas de tenants, d’aboutissants, que des vecteurs… le but pour ma part, n’étant pas de comprendre mais de chercher ce que je VEUX dire… fouiller dans les tréfonds de mon âme, de ma chair, et de la terre du ciel… peut-être que quelque part ça me libèrera…

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