Cette nuit, toute la merde de mon corps a dégouliné sur le sol, chacune des pores de ma peau devenue un cloaque. Dedans, force de vie en gestation, un fœtus attendait. Fétu devint bûcher. Je brûlai.



Onde

J’ai frappé

Bien sûr au long cours de ma vie mes deux poings sont tombés

Comme deux gouttes d’eau

Sur les sillons tracés

Par le sanglot

 

Et sur le sein duquel écoulé le temps fêle

Se ride la peau

Un peu

L’appel

L’appeau

 

L’iris a vu la mort

Et l’iris l’a vu

Fente bleue dans le sol

Ciel de sang et violettes

 

J’ai lu sa trop grande moue d’amour

Levé l’œil et si j’avais lavé aussi

Mes restes de conscience

Dans un vers dévalé

La pente dans ce sens

Je n’aurais plus où danse

 

Elle a dansé yeux noirs bloqué les nénuphars

Les calices et les verres d’ivoires

Opalescence

Ô pâle essence

Le voilà ton cadeau

Et tout mon cadenas

 

J’ai les lèvres tachées du fil de sang qui clôt

Le mot

Le sourire tiré et tracé et cousu

J’ai la phrase finie par un étirement

Une vibration

Un point



Crémation.

Prélude :

Le Soleil a cligné des yeux,
Éternué, peut-être,
Il m’a fallu vider les lieux,
Oui, j’ai du disparaître.

J’aime la nuit mais, j’y peux rien,
Je la remplis de gros chats gris,
De gros chats gras, de gros chagrins,
De miaulements, feulements, cris.

Extase :

Plongé dans l’eau des Danaïdes
Je me laisse verser
Chuter du Plein vers le grand Vide
De ce tonneau percé.

J’écoute cet écoulement,
Bruit de la vie, bruit de la mort,
Ou bruit du temps, plus simplement
Bruit du silence et du remords.

Je m’extasie comme un enfant,
Devant le beau visage
De cette Aurore retournant
Dans ses draps, paysage.

J’admire au creux du crépuscule,
Les fleurs de feu qui étincellent,
Hésitante avance et recule
La couleur du Soir avec elles.

Éveil :

Quoi ? Quand ce serait le Soir
- On ne m’en a rien dit ! -
Je n’accepterais pas ! L’histoire
N’aurait pas mon crédit !

Et vie :

Éblouissant Sorcier tout de flammes vêtu,
Figure enténébrée quand les passions se pâment,
Lucidité lassive, acidité têtue,
Que ne t’ai-je connu plus brûlé que ton âme ?

Qu’ai-je à faire d’un fou dansant en continu,
La même dévotion pour le corps d’une femme
Et peuplant mon esprit de visions semi-nues,
Hantant mon cœur, battant ma chair, comme une lame ?

J’ai, comme un cadenas, sur mes yeux la pommade,
Qui m’empêche de voir, de vouloir et de prendre,
J’ai sous les paupières la pupille malade
Qui réduit toute Vie et tout Amour en cendres.

Mais j’ai bien plus profond, ancré dans la mémoire
Cet Adage vibrant, que le Jour qui s’est tu
Laisse à l’homme le droit d’aller chasser son Noir…

J’ai le goût entêtant du feu pour le fétu.



notte ·

seffacer.jpeg



Mar azul ·

J’ai mes deux lèvres

 

comme des voiles

 

Que le vent vient gonfler

 

Et fait chanter parfois

 

 

 

J’ai mes deux lèvres

 

Que relève

 

Ma salive

 

Et que dévale :

 

 

 

 

« Va Azul !

 

Vole vers les visions que t’as

 

Traverse l’eau les rêves et vois

 

Ce que tu veux vis-le ! »

 

 

 

 

Voilà

 

 

 

Mais les mots sur mes lèvres étaient tus et savaient

 

Que je ne romprai plus

 

Le silence pour ça

 

Mais que je laisserai…

 

 

 

 

- Les Èves délivrées

 

Des fièvres de ma voix -

 

 

 

 

J’avais mes deux lèvres

 

Elles ne sont plus moi

 

Le temps les enlève

 

Je n’ai plus de voix

 

 

 

 

J’avais cette fièvre

 

Elle est retombée

 

En fermant mes yeux

 

J’ai pleuré un peu

 

 

 

 

Si ça t’avait plu

 

Dans mon ciel en feu

 

J’aurais coloré

 

L’arc de mes rêves

 

 

 

 

J’aurais murmuré

 

Ton nom bien des fois

 

 

 

 

Je ne l’ai pas fait…

 

 

 

 

Je crois



Prout ·

Longtemps je me suis couché débonnaire. J’avais le sentiment que le long cours du rêve débordant de sa rive arriverait à m’emporter, ou un moi supporté pendant mes heures de veille, et que lavé de mes attaches à ce monde moral et régulier, sans la souplesse offerte par la latence à l’idée oisive, qui est trop isolée et craintive au milieu du reflux de la conscience terrible et solaire et qui fait surnager seulement l’illusion perturbante et sacrée qu’on ose encore avec peine interrompre que quand on est bien sûr de n’y plus rien comprendre, me noyant dans les flots, puisque perdu soudain entre les vagues brutes de l’émoi que l’imaginaire appelle et que l’obscurcissante face de soi-même que l’on appelle « ça » se borne à matraquer je ne savais plus lutter contre la puissance tumultueuse de ce que j’invoquais aussi naturellement, je crachais dans le dernier souffle, qui comme une bulle d’air salvatrice et cruelle montre la voie à suivre et qui n’est jamais prise que trop tard par les corps des suppliciés de l’élément rageur, le dernier voile qu’il restait encore entre ma croyance en cette existence un peu fausse que j’endurais chaque jour sous le régime inquisiteur des yeux des gens présents et moi-même, et moi-même, tel qu’il eût put être s’il avait été écarté dès le premier jour de sa vie des incessantes nécessités du bas monde, et que le toussotement de ce repli funeste qui avait été jusqu’à me rendre étranger à ma propre réalité physique et spirituelle qu’aucune borne en ce monde ne pourrait certainement aider à définir était le seul salut qu’il me restât dans cet espoir immense de réussir sans transiger à concilier les attentes du monde entier et les miennes placées en vis-à-vis, si bien qu’enténèbré par le flot de moi-même qui coulait sous la roche tectonique que formait notre expérience du monde, formée elle-même par la puissance de tout un système stellaire d’attentes et de considérations humaines, je parvenais enfin à oublier cette constante impression qu’à la voix unanime de mes schizophrénies désormais déchaînées je nommais la honte et qui n’était jamais que l’affligeant mélange de la culpabilité de vivre et de souhaiter de n’avoir pas vécu pour écarter les taches qu’un autre nous imprimera toujours dès lors qu’il y a le dialogue et que la mâchoire qui grinçait tout-à-l’heure pour retenir le souffle puant comme du souffre de l’hébétude de la raison gagnée se tiendra fermée sur la vicieuse et envahissante sensation d’avoir raison et de vouloir victorieusement se griser de l’éclat aveuglant des idées noires que génère toujours le conflit avec ceux qu’on aime et avec qui on discute et le regret cuisant d’avoir soit écrasé soit été écrasé et toujours d’avoir laissé croire à l’autre qu’on pensait ce qui aura pu le blesser, que tandis que mon corps et mon cœur coulant ensemble en un seul bloc de glace je me faisais à l’idée de ne même plus comprendre que tout ceci formait une vie et que c’était la mienne, et que soumis soudain à d’autres règles que mon inconscient fabriquait autrement que des tours je pourrais peut-être atteindre par cette lente plongée et ce sublime détachement cet humour qui manquait à chacune de mes phrases et me laissait blessé par chacune de celles des autres phénomènes et rêves survécus qui m’entouraient amoureusement, et que tout était réellement tranquille.



la nuit ·

Une ambulance de rêve traverse la ville à grande vitesse. Sous la lune et les étoiles,

 

qui dansent, qui dansent,

 

vite, vite,

 

une âme morte attend.

 

Elle crève d’envie, de jalousie et elle n’est plus hantée.

La bulle de rêve se gonfle comme le champignon qu’elle écrase en passant le carrefour, brûle les rouges joues des rêves d’une femme endormie sur un banc, on l’attend au tournant.

La pluie et la grisaille atterrissent doucement sur le pare-brise et les phares brillent dans la brise du départ, on l’attend. Elle pénètre la zone envahie de silence que la nuit illumine, action.

 

Les brancardiers ont écrasé leur cigarette et se sont jetés au sol au premier signe de ralentissement de la camionnette. Ils aperçoivent la silouhette, se précipitent, et leurs pas qui crépitent dans les flaques de boue sont comme une rafale meurtrière sortie de la bouche d’un Berreta.

Couchée en travers des voies d’eau, la figure écarquille un peu plus ses pupilles immenses, déjà froidement voilées par la mort toute proche, et encore dilatées par la dernière dose qu’elle vient de s’envoyer pour tenir jusqu’à l’arrivée des secours.

 

Les infirmiers s’affairent, prennent le pouls, posent des questions, rien. Il leur faudra bien dix minutes pour s’apercevoir que les grands yeux se sont soignés tout seul, qu’il n’y a plus rien à faire.

Ils se retirent doucement et attendent quelques instants que le cadavre ait repris ses esprits, on aperçoit une vague fumée blanche déborder de la commissure des lèvres et couler vers le haut. Lentement, très lentement, le gaz prend un peu feu, un peu froid, se cristallise, se dissout à la fois, prend forme. Des lèvres tremblantes s’étirent dans l’air, esquissent un sourire un peu triste – on sent qu’elle ne dessine pas d’yeux car elle aurait peur qu’on la voie pleurer – elles chuchotent un vague : « à ce soir… » qui ne veut rien dire parce que c’est déjà la nuit, et qui ricoche, doucement, contre les dernières larmes de pluie figées en l’air pour contempler la beauté de la scène. Les lèvres s’effacent.

Le cadavre fait semblant de ne pas se forcer à écarquiller les yeux pour ne pas pleurer car il ne peut plus pleurer, et ses lèvres formulent un rêveur : « à ce soir… » qui résonnera toujours aux oreilles des absents qui sont là, fascinés, et qui veut tout dire, lui, puisque c’était son dernier.



flaque ·

On s’approche, on ne fait que s’approcher. Impression constante et si désagréable. Je ne comprends pas pourquoi je sens toujours ça, la peur de l’autre la peur d’être surpris, devoir toujours avoir prévu l’arrivée imminente du nouveau, pour l’accepter.

Déjà c’est bien, j’accepte l’autre, je veux m’y préparer, je ne veux pas qu’il me surprenne n’importe comment.

Là, j’avais encore une fois rebalancé ma tête contre la surface du monde, vu les choses de près. Le détail. Vous n’imaginez pas le détail. Personne ne voit le détail, et moi je vis en plein dedans. Souffrir de la moindre impression, comme si l’imperfection ne passait pas, ou plutôt, adorer chaque détail au point d’en révérer l’imperfection. Ne pas savoir où s’arrête et où commence chaque chose, noyé par l’avalanche des limites inachevées.

J’étais dehors moi-même. Dans la douche j’avais cru au pommeau. Je m’étais assis sur la banquette, et ma tête immergée dans la cascade voyait se dégringoler les idées immergées maintenant totalement dans mon brouillard. Dégringoler plus bas, vers le sol. Je ne voyais plus que normalement, et les yeux me brûlaient d’être plein d’eau. Je crois que j’ai peur de voir depuis que j’ai compris que mes yeux gonflés d’eau pouvaient faire une lentille qui corrigerait le défaut.

J’étais noyé dans la colonne et j’avais peur et mal, alors je me suis rejeté en arrière, la tête hors du gouffre liquide. Sur mes genoux valsaient les idéaux. J’ai pris mes bras et j’ai enserré ces formes de folie douce. Contre ma peau flottait un être pur, qui promettait de me laver de mes noirceurs.

J’ai repensé soudain, je n’étais plus prisonnier, plus tout à fait, plus du reste en tout cas. Mais de moi, toujours. Un temps a passé que je ne saurais décrire, je me suis redressé et, lorsque l’eau s’arrêta, les derniers filets glissant le long d’un fil d’air résonnaient sans fin à l’intérieur de mes deux paumes, les mains croisées dans le dos. Je portais mon fardeau, mes peurs et mes peines. Pleurs éternels qui lavent et source de nos maux. Je portais mon fardeau et j’ai un peu compris que nous, que je… non, je n’ai rien compris, mais j’étais statufié, transformé en bateau à la quille gonflée par le renflement vague de la surface d’un monde qui se joue de nos vies.

Je suis sorti et je me suis reperdu. Je n’étais plus rien, misérable, je repensais à mes amis qui essayaient de m’aider et ne savaient pas capter la limite de moi à moi-même. Je ne sais même pas si elle existe, mais elle me fait rêver…



reflets ·

L’image, mon image, la mienne, qu’est-ce qu’elle a ?

j’étais tranquille, je me suis vu, je n’ai pas compris.

J’ai l’habitude de ne pas voir et pas comprendre, c’est pour ça que je cherche souvent.

La myopie m’a donné un cœur à chercher derrière l’apparence, je suis un livre buvant et brûlant les dictionnaires coup sur coup.

Et là, je n’ai pas. Compris.

Puis je me suis souvenu : il y a deux jours, je voulais écrire.

J’avais vu, bu, une image. Une drôle de chose.

On revient en voiture, calme, assis, on pluriel et singulier à la fois, je suis tout seul, nous sommes cinq. Et je me vois dans le rétro.

La voiture démarre et. Léger tremblement. Une vibration qui s’est glissée sur moi et sur l’appareil. L’apparence.

Dans le petit miroir je deviens presque flou, impression. Et dans ma tête : une œuvre-d’art.

Je n’ose pas le dire, qui croirait que je me pense mieux que les autres ? Non, c’est juste que. Juste ça.

J’aime me considérer, à l’instar du monde entier, comme une merveille, j’en suis souvent blessé, je suis devenu une brosse, un pinceau, un tracé vague et déchiré, entravé de vide. Je me suis vu de trop loin.

Dans ce je de reflets, j’ai senti que les heurts, si doux, si doux, qui niaient bien ma forme, m’apportaient à moi-même, moi à moi-même. J’ai bu.

Tout de suite, là, je viens de comprendre. J’ai pris secrètement l’habitude de me voir par bouts, cubisme, jamais en entier. J’aime les petits miroirs, et dans les grands, je vois plein de petits. Mais là. Là je n’ai pas vu. Je suis tombé comme face à l’intérieur de moi-même.

Je n’aime pas me voir de l’intérieur, c’est trop grand pour que j’en joue avec des illusions, trop grand, trop bizarre, je n’aime que mes bouts. Mots. Flots. Vagues bribes de divagations. Je suis comme une onde qui me parcoure et me donne forme en m’éclaboussant. Une ride à ma surface c’est toujours moi qui lance la pierre pour me faire jaillir, me vider, m’exploser d’un “ploc” sourd. Comment ricocher ?



instant qu’on aime pas trop

j’ai peut-être cru me gouverner, encore une fois, et encore une fois, je ne suis pas heureux. Pas Z’heureux. Pas grave, ce qui compte c’est que je vais le redevenir bientôt. Non. Ce qui compte ce n’est pas le bonheur. Ce qui compte c’est… c’est d’apporter au monde quelque chose qu’il n’a pas ? je… j’oublie peut-être d’être moi-même en disant cela. En le répétant éternellement, peut-être est-ce pure folie… mais alors je veux bien être réellement, surréellement fou. Forcer la porte de la conscience et y faire entrer des démons qui n’existaient pas dans l’ailleurs d’où ils viennent. Inventer ses propres problèmes ou, pour une fois, au moins une, ne pas en avoir…

 

je crois qu’il. Je crois encore en cette illusion que j’ai voulu bannir il y a bien longtemps. Je crois qu’il y a beaucoup de choses que j’aurais pu faire différemment… si j’a… avais pu, avait pu choisir. Aurait fait les choses différemment. Qu’est-ce qui me reste en dehors d’une bande d’arguments pour prouver aux autres que j’existe dans un monde parfait, qui les réfute tous… pourquoi me sens-je seul dans ce monde où tout est plus puissant ? Ma surréalité. Plus, plus que tout plus que ça. Plus besoin de rêver de filles, les rêves de filles n’étaient qu’un prétexte à l’extase. Ici l’extase n’est qu’un prétexte à l’absolu…

 

je marche un peu dans les étoiles, détourne lentement ma tête pour regarder en arrière. C’est mon cou qui se dévisse tel un boulon. Rien derrière, pourtant il y a deux secondes j’aurais juré qu’il y avait des gens dans un monde différent. Des gens malheureux à qui je pourrais apprendre ce qu’est la réalité, mais des gens nombreux, presque plus que moi tout seul. Je ne crois pas avoir compris. Je ne suis même pas sûr de pouvoir m’expliquer quoi que ce soit en cet instant… ils auraient fait vaciller mon monde ? Celui-là même qui n’existe pas ? Réellement pas réellement ? Ils auraient ? Auraient quoi ? Eu une idée ? Je crois qu’il va falloir que je continue à avancer et à réfléchir, si je ne veux pas mourir, laisser mourir ce monde, un tel monde, un tel trésor comme les hommes cherchent depuis toujours et qu’ils ne veulent pas voir… dommage, d’ici dix mille ans peut-être n’aurai-je pas pris une ride ? Peut-être y’en aura-t-il qui voudront bien vivre dans ce monde, comprendre que tout peut-être beau, et que tout est beau. Tout cela à la fois…

 

je n’avais pas vu l’intérêt de se soumettre à une idéologie, je ne le vois toujours pas. Qu’il puisse y avoir un dieu omnipotent je ne le mets pas en doute. Mais… et si malgré toute son omnipotence il ne se sentait pas seul ? Et si il ne voulait pas que, plutôt qu’on se soumette à sa puissance dans une simple hiérarchie des pouvoirs ne signifiant absolument rien, qu’on dialogue, qu’on s’exprime et s’explique les uns aux autres. Qu’on se parle et qu’on se raconte nos vies. Qu’on se comprenne. Et si le monde entier n’était qu’un interlocuteur ? Et si nous étions une infinité, une infinité de gens fait pour s’entendre qui se seraient écrasés dans un moule à cause de la barbarie humain…

 

là où mes ailes se sont taries apparaîtront bientôt tellement de lueurs. Là où j’ai vu pour la dernière fois la lune mes yeux prendront la forme, la forme de ce que tu veux. J’ai beaucoup grandi dans mes rêves, j’y ai beaucoup appris. À quoi cela m’avance-t-il ? À rien. Mais cela ne me recule à rien non plus. Je trucide d’un coup de sabre cette idée trop vite faite qui tue mon ardeur. Je trucide tout ce qui a décidé de mourir. Je suis fait pour tuer les idées noires, c’est pour ça qu’elles me tendent des embuscades. Elles me sentent dangereux, elles me sentent fort, certaines veulent juste relever un défi… elles me rendront toujours plus fort et plus fatigué…

 

NON! Je dois crier et être en colère et rire et pleurer et rire et pleurer et rire et pleurer et rire et pleurer. Encore, encore. Je dois. Dois. Doit. Qui ?

 

C’est là que je me dis vraiment que peu de gens comprennent mon monde, ma difficulté à aligner des propos cohérents. Tout n’est pas qu’apparence pour moi, mais l’apparence a autant de réalité que le caché. Rien n’est plus vrai que ce qui cherche à être faux…

 

Quelqu’un ici sait-il combien de fois chaque jour je plonge ma tête dans un mur ? Combien de fois je rêve de fusionner avec la matière dans la plus pure destruction de mon être ? La douleur est le langage premier de l’être au monde, du monde à l’être, puisque l’un et l’autre ne sont rien seuls mais son pourtant éternellement différenciés. Indissociables, différenciés. Diff’, diss’. Hein ? J’ai rêvé de manger ta chair encore aujourd’hui, comme celle de toutes les autres. J’ai rêvé jusqu’à plus soif de toi et de celles qui viennent après. J’ai rêvé et je rêve encore, je ne dors plus, je bois mon rêve comme un oiseau boirait le ciel.




Archives pour la catégorie champs de ruine

Cette nuit, toute la merde de mon corps a dégouliné sur le sol, chacune des pores de ma peau devenue un cloaque. Dedans, force de vie en gestation, un fœtus attendait. Fétu devint bûcher. Je brûlai.

Onde

J’ai frappé

Bien sûr au long cours de ma vie mes deux poings sont tombés

Comme deux gouttes d’eau

Sur les sillons tracés

Par le sanglot

 

Et sur le sein duquel écoulé le temps fêle

Se ride la peau

Un peu

L’appel

L’appeau

 

L’iris a vu la mort

Et l’iris l’a vu

Fente bleue dans le sol

Ciel de sang et violettes

 

J’ai lu sa trop grande moue d’amour

Levé l’œil et si j’avais lavé aussi

Mes restes de conscience

Dans un vers dévalé

La pente dans ce sens

Je n’aurais plus où danse

 

Elle a dansé yeux noirs bloqué les nénuphars

Les calices et les verres d’ivoires

Opalescence

Ô pâle essence

Le voilà ton cadeau

Et tout mon cadenas

 

J’ai les lèvres tachées du fil de sang qui clôt

Le mot

Le sourire tiré et tracé et cousu

J’ai la phrase finie par un étirement

Une vibration

Un point

Crémation.

Prélude :

Le Soleil a cligné des yeux,
Éternué, peut-être,
Il m’a fallu vider les lieux,
Oui, j’ai du disparaître.

J’aime la nuit mais, j’y peux rien,
Je la remplis de gros chats gris,
De gros chats gras, de gros chagrins,
De miaulements, feulements, cris.

Extase :

Plongé dans l’eau des Danaïdes
Je me laisse verser
Chuter du Plein vers le grand Vide
De ce tonneau percé.

J’écoute cet écoulement,
Bruit de la vie, bruit de la mort,
Ou bruit du temps, plus simplement
Bruit du silence et du remords.

Je m’extasie comme un enfant,
Devant le beau visage
De cette Aurore retournant
Dans ses draps, paysage.

J’admire au creux du crépuscule,
Les fleurs de feu qui étincellent,
Hésitante avance et recule
La couleur du Soir avec elles.

Éveil :

Quoi ? Quand ce serait le Soir
- On ne m’en a rien dit ! -
Je n’accepterais pas ! L’histoire
N’aurait pas mon crédit !

Et vie :

Éblouissant Sorcier tout de flammes vêtu,
Figure enténébrée quand les passions se pâment,
Lucidité lassive, acidité têtue,
Que ne t’ai-je connu plus brûlé que ton âme ?

Qu’ai-je à faire d’un fou dansant en continu,
La même dévotion pour le corps d’une femme
Et peuplant mon esprit de visions semi-nues,
Hantant mon cœur, battant ma chair, comme une lame ?

J’ai, comme un cadenas, sur mes yeux la pommade,
Qui m’empêche de voir, de vouloir et de prendre,
J’ai sous les paupières la pupille malade
Qui réduit toute Vie et tout Amour en cendres.

Mais j’ai bien plus profond, ancré dans la mémoire
Cet Adage vibrant, que le Jour qui s’est tu
Laisse à l’homme le droit d’aller chasser son Noir…

J’ai le goût entêtant du feu pour le fétu.

notte ·

seffacer.jpeg

Mar azul ·

J’ai mes deux lèvres

 

comme des voiles

 

Que le vent vient gonfler

 

Et fait chanter parfois

 

 

 

J’ai mes deux lèvres

 

Que relève

 

Ma salive

 

Et que dévale :

 

 

 

 

« Va Azul !

 

Vole vers les visions que t’as

 

Traverse l’eau les rêves et vois

 

Ce que tu veux vis-le ! »

 

 

 

 

Voilà

 

 

 

Mais les mots sur mes lèvres étaient tus et savaient

 

Que je ne romprai plus

 

Le silence pour ça

 

Mais que je laisserai…

 

 

 

 

- Les Èves délivrées

 

Des fièvres de ma voix -

 

 

 

 

J’avais mes deux lèvres

 

Elles ne sont plus moi

 

Le temps les enlève

 

Je n’ai plus de voix

 

 

 

 

J’avais cette fièvre

 

Elle est retombée

 

En fermant mes yeux

 

J’ai pleuré un peu

 

 

 

 

Si ça t’avait plu

 

Dans mon ciel en feu

 

J’aurais coloré

 

L’arc de mes rêves

 

 

 

 

J’aurais murmuré

 

Ton nom bien des fois

 

 

 

 

Je ne l’ai pas fait…

 

 

 

 

Je crois

Prout ·

Longtemps je me suis couché débonnaire. J’avais le sentiment que le long cours du rêve débordant de sa rive arriverait à m’emporter, ou un moi supporté pendant mes heures de veille, et que lavé de mes attaches à ce monde moral et régulier, sans la souplesse offerte par la latence à l’idée oisive, qui est trop isolée et craintive au milieu du reflux de la conscience terrible et solaire et qui fait surnager seulement l’illusion perturbante et sacrée qu’on ose encore avec peine interrompre que quand on est bien sûr de n’y plus rien comprendre, me noyant dans les flots, puisque perdu soudain entre les vagues brutes de l’émoi que l’imaginaire appelle et que l’obscurcissante face de soi-même que l’on appelle « ça » se borne à matraquer je ne savais plus lutter contre la puissance tumultueuse de ce que j’invoquais aussi naturellement, je crachais dans le dernier souffle, qui comme une bulle d’air salvatrice et cruelle montre la voie à suivre et qui n’est jamais prise que trop tard par les corps des suppliciés de l’élément rageur, le dernier voile qu’il restait encore entre ma croyance en cette existence un peu fausse que j’endurais chaque jour sous le régime inquisiteur des yeux des gens présents et moi-même, et moi-même, tel qu’il eût put être s’il avait été écarté dès le premier jour de sa vie des incessantes nécessités du bas monde, et que le toussotement de ce repli funeste qui avait été jusqu’à me rendre étranger à ma propre réalité physique et spirituelle qu’aucune borne en ce monde ne pourrait certainement aider à définir était le seul salut qu’il me restât dans cet espoir immense de réussir sans transiger à concilier les attentes du monde entier et les miennes placées en vis-à-vis, si bien qu’enténèbré par le flot de moi-même qui coulait sous la roche tectonique que formait notre expérience du monde, formée elle-même par la puissance de tout un système stellaire d’attentes et de considérations humaines, je parvenais enfin à oublier cette constante impression qu’à la voix unanime de mes schizophrénies désormais déchaînées je nommais la honte et qui n’était jamais que l’affligeant mélange de la culpabilité de vivre et de souhaiter de n’avoir pas vécu pour écarter les taches qu’un autre nous imprimera toujours dès lors qu’il y a le dialogue et que la mâchoire qui grinçait tout-à-l’heure pour retenir le souffle puant comme du souffre de l’hébétude de la raison gagnée se tiendra fermée sur la vicieuse et envahissante sensation d’avoir raison et de vouloir victorieusement se griser de l’éclat aveuglant des idées noires que génère toujours le conflit avec ceux qu’on aime et avec qui on discute et le regret cuisant d’avoir soit écrasé soit été écrasé et toujours d’avoir laissé croire à l’autre qu’on pensait ce qui aura pu le blesser, que tandis que mon corps et mon cœur coulant ensemble en un seul bloc de glace je me faisais à l’idée de ne même plus comprendre que tout ceci formait une vie et que c’était la mienne, et que soumis soudain à d’autres règles que mon inconscient fabriquait autrement que des tours je pourrais peut-être atteindre par cette lente plongée et ce sublime détachement cet humour qui manquait à chacune de mes phrases et me laissait blessé par chacune de celles des autres phénomènes et rêves survécus qui m’entouraient amoureusement, et que tout était réellement tranquille.

la nuit ·

Une ambulance de rêve traverse la ville à grande vitesse. Sous la lune et les étoiles,

 

qui dansent, qui dansent,

 

vite, vite,

 

une âme morte attend.

 

Elle crève d’envie, de jalousie et elle n’est plus hantée.

La bulle de rêve se gonfle comme le champignon qu’elle écrase en passant le carrefour, brûle les rouges joues des rêves d’une femme endormie sur un banc, on l’attend au tournant.

La pluie et la grisaille atterrissent doucement sur le pare-brise et les phares brillent dans la brise du départ, on l’attend. Elle pénètre la zone envahie de silence que la nuit illumine, action.

 

Les brancardiers ont écrasé leur cigarette et se sont jetés au sol au premier signe de ralentissement de la camionnette. Ils aperçoivent la silouhette, se précipitent, et leurs pas qui crépitent dans les flaques de boue sont comme une rafale meurtrière sortie de la bouche d’un Berreta.

Couchée en travers des voies d’eau, la figure écarquille un peu plus ses pupilles immenses, déjà froidement voilées par la mort toute proche, et encore dilatées par la dernière dose qu’elle vient de s’envoyer pour tenir jusqu’à l’arrivée des secours.

 

Les infirmiers s’affairent, prennent le pouls, posent des questions, rien. Il leur faudra bien dix minutes pour s’apercevoir que les grands yeux se sont soignés tout seul, qu’il n’y a plus rien à faire.

Ils se retirent doucement et attendent quelques instants que le cadavre ait repris ses esprits, on aperçoit une vague fumée blanche déborder de la commissure des lèvres et couler vers le haut. Lentement, très lentement, le gaz prend un peu feu, un peu froid, se cristallise, se dissout à la fois, prend forme. Des lèvres tremblantes s’étirent dans l’air, esquissent un sourire un peu triste – on sent qu’elle ne dessine pas d’yeux car elle aurait peur qu’on la voie pleurer – elles chuchotent un vague : « à ce soir… » qui ne veut rien dire parce que c’est déjà la nuit, et qui ricoche, doucement, contre les dernières larmes de pluie figées en l’air pour contempler la beauté de la scène. Les lèvres s’effacent.

Le cadavre fait semblant de ne pas se forcer à écarquiller les yeux pour ne pas pleurer car il ne peut plus pleurer, et ses lèvres formulent un rêveur : « à ce soir… » qui résonnera toujours aux oreilles des absents qui sont là, fascinés, et qui veut tout dire, lui, puisque c’était son dernier.

flaque ·

On s’approche, on ne fait que s’approcher. Impression constante et si désagréable. Je ne comprends pas pourquoi je sens toujours ça, la peur de l’autre la peur d’être surpris, devoir toujours avoir prévu l’arrivée imminente du nouveau, pour l’accepter.

Déjà c’est bien, j’accepte l’autre, je veux m’y préparer, je ne veux pas qu’il me surprenne n’importe comment.

Là, j’avais encore une fois rebalancé ma tête contre la surface du monde, vu les choses de près. Le détail. Vous n’imaginez pas le détail. Personne ne voit le détail, et moi je vis en plein dedans. Souffrir de la moindre impression, comme si l’imperfection ne passait pas, ou plutôt, adorer chaque détail au point d’en révérer l’imperfection. Ne pas savoir où s’arrête et où commence chaque chose, noyé par l’avalanche des limites inachevées.

J’étais dehors moi-même. Dans la douche j’avais cru au pommeau. Je m’étais assis sur la banquette, et ma tête immergée dans la cascade voyait se dégringoler les idées immergées maintenant totalement dans mon brouillard. Dégringoler plus bas, vers le sol. Je ne voyais plus que normalement, et les yeux me brûlaient d’être plein d’eau. Je crois que j’ai peur de voir depuis que j’ai compris que mes yeux gonflés d’eau pouvaient faire une lentille qui corrigerait le défaut.

J’étais noyé dans la colonne et j’avais peur et mal, alors je me suis rejeté en arrière, la tête hors du gouffre liquide. Sur mes genoux valsaient les idéaux. J’ai pris mes bras et j’ai enserré ces formes de folie douce. Contre ma peau flottait un être pur, qui promettait de me laver de mes noirceurs.

J’ai repensé soudain, je n’étais plus prisonnier, plus tout à fait, plus du reste en tout cas. Mais de moi, toujours. Un temps a passé que je ne saurais décrire, je me suis redressé et, lorsque l’eau s’arrêta, les derniers filets glissant le long d’un fil d’air résonnaient sans fin à l’intérieur de mes deux paumes, les mains croisées dans le dos. Je portais mon fardeau, mes peurs et mes peines. Pleurs éternels qui lavent et source de nos maux. Je portais mon fardeau et j’ai un peu compris que nous, que je… non, je n’ai rien compris, mais j’étais statufié, transformé en bateau à la quille gonflée par le renflement vague de la surface d’un monde qui se joue de nos vies.

Je suis sorti et je me suis reperdu. Je n’étais plus rien, misérable, je repensais à mes amis qui essayaient de m’aider et ne savaient pas capter la limite de moi à moi-même. Je ne sais même pas si elle existe, mais elle me fait rêver…

reflets ·

L’image, mon image, la mienne, qu’est-ce qu’elle a ?

j’étais tranquille, je me suis vu, je n’ai pas compris.

J’ai l’habitude de ne pas voir et pas comprendre, c’est pour ça que je cherche souvent.

La myopie m’a donné un cœur à chercher derrière l’apparence, je suis un livre buvant et brûlant les dictionnaires coup sur coup.

Et là, je n’ai pas. Compris.

Puis je me suis souvenu : il y a deux jours, je voulais écrire.

J’avais vu, bu, une image. Une drôle de chose.

On revient en voiture, calme, assis, on pluriel et singulier à la fois, je suis tout seul, nous sommes cinq. Et je me vois dans le rétro.

La voiture démarre et. Léger tremblement. Une vibration qui s’est glissée sur moi et sur l’appareil. L’apparence.

Dans le petit miroir je deviens presque flou, impression. Et dans ma tête : une œuvre-d’art.

Je n’ose pas le dire, qui croirait que je me pense mieux que les autres ? Non, c’est juste que. Juste ça.

J’aime me considérer, à l’instar du monde entier, comme une merveille, j’en suis souvent blessé, je suis devenu une brosse, un pinceau, un tracé vague et déchiré, entravé de vide. Je me suis vu de trop loin.

Dans ce je de reflets, j’ai senti que les heurts, si doux, si doux, qui niaient bien ma forme, m’apportaient à moi-même, moi à moi-même. J’ai bu.

Tout de suite, là, je viens de comprendre. J’ai pris secrètement l’habitude de me voir par bouts, cubisme, jamais en entier. J’aime les petits miroirs, et dans les grands, je vois plein de petits. Mais là. Là je n’ai pas vu. Je suis tombé comme face à l’intérieur de moi-même.

Je n’aime pas me voir de l’intérieur, c’est trop grand pour que j’en joue avec des illusions, trop grand, trop bizarre, je n’aime que mes bouts. Mots. Flots. Vagues bribes de divagations. Je suis comme une onde qui me parcoure et me donne forme en m’éclaboussant. Une ride à ma surface c’est toujours moi qui lance la pierre pour me faire jaillir, me vider, m’exploser d’un “ploc” sourd. Comment ricocher ?

instant qu’on aime pas trop

j’ai peut-être cru me gouverner, encore une fois, et encore une fois, je ne suis pas heureux. Pas Z’heureux. Pas grave, ce qui compte c’est que je vais le redevenir bientôt. Non. Ce qui compte ce n’est pas le bonheur. Ce qui compte c’est… c’est d’apporter au monde quelque chose qu’il n’a pas ? je… j’oublie peut-être d’être moi-même en disant cela. En le répétant éternellement, peut-être est-ce pure folie… mais alors je veux bien être réellement, surréellement fou. Forcer la porte de la conscience et y faire entrer des démons qui n’existaient pas dans l’ailleurs d’où ils viennent. Inventer ses propres problèmes ou, pour une fois, au moins une, ne pas en avoir…

 

je crois qu’il. Je crois encore en cette illusion que j’ai voulu bannir il y a bien longtemps. Je crois qu’il y a beaucoup de choses que j’aurais pu faire différemment… si j’a… avais pu, avait pu choisir. Aurait fait les choses différemment. Qu’est-ce qui me reste en dehors d’une bande d’arguments pour prouver aux autres que j’existe dans un monde parfait, qui les réfute tous… pourquoi me sens-je seul dans ce monde où tout est plus puissant ? Ma surréalité. Plus, plus que tout plus que ça. Plus besoin de rêver de filles, les rêves de filles n’étaient qu’un prétexte à l’extase. Ici l’extase n’est qu’un prétexte à l’absolu…

 

je marche un peu dans les étoiles, détourne lentement ma tête pour regarder en arrière. C’est mon cou qui se dévisse tel un boulon. Rien derrière, pourtant il y a deux secondes j’aurais juré qu’il y avait des gens dans un monde différent. Des gens malheureux à qui je pourrais apprendre ce qu’est la réalité, mais des gens nombreux, presque plus que moi tout seul. Je ne crois pas avoir compris. Je ne suis même pas sûr de pouvoir m’expliquer quoi que ce soit en cet instant… ils auraient fait vaciller mon monde ? Celui-là même qui n’existe pas ? Réellement pas réellement ? Ils auraient ? Auraient quoi ? Eu une idée ? Je crois qu’il va falloir que je continue à avancer et à réfléchir, si je ne veux pas mourir, laisser mourir ce monde, un tel monde, un tel trésor comme les hommes cherchent depuis toujours et qu’ils ne veulent pas voir… dommage, d’ici dix mille ans peut-être n’aurai-je pas pris une ride ? Peut-être y’en aura-t-il qui voudront bien vivre dans ce monde, comprendre que tout peut-être beau, et que tout est beau. Tout cela à la fois…

 

je n’avais pas vu l’intérêt de se soumettre à une idéologie, je ne le vois toujours pas. Qu’il puisse y avoir un dieu omnipotent je ne le mets pas en doute. Mais… et si malgré toute son omnipotence il ne se sentait pas seul ? Et si il ne voulait pas que, plutôt qu’on se soumette à sa puissance dans une simple hiérarchie des pouvoirs ne signifiant absolument rien, qu’on dialogue, qu’on s’exprime et s’explique les uns aux autres. Qu’on se parle et qu’on se raconte nos vies. Qu’on se comprenne. Et si le monde entier n’était qu’un interlocuteur ? Et si nous étions une infinité, une infinité de gens fait pour s’entendre qui se seraient écrasés dans un moule à cause de la barbarie humain…

 

là où mes ailes se sont taries apparaîtront bientôt tellement de lueurs. Là où j’ai vu pour la dernière fois la lune mes yeux prendront la forme, la forme de ce que tu veux. J’ai beaucoup grandi dans mes rêves, j’y ai beaucoup appris. À quoi cela m’avance-t-il ? À rien. Mais cela ne me recule à rien non plus. Je trucide d’un coup de sabre cette idée trop vite faite qui tue mon ardeur. Je trucide tout ce qui a décidé de mourir. Je suis fait pour tuer les idées noires, c’est pour ça qu’elles me tendent des embuscades. Elles me sentent dangereux, elles me sentent fort, certaines veulent juste relever un défi… elles me rendront toujours plus fort et plus fatigué…

 

NON! Je dois crier et être en colère et rire et pleurer et rire et pleurer et rire et pleurer et rire et pleurer. Encore, encore. Je dois. Dois. Doit. Qui ?

 

C’est là que je me dis vraiment que peu de gens comprennent mon monde, ma difficulté à aligner des propos cohérents. Tout n’est pas qu’apparence pour moi, mais l’apparence a autant de réalité que le caché. Rien n’est plus vrai que ce qui cherche à être faux…

 

Quelqu’un ici sait-il combien de fois chaque jour je plonge ma tête dans un mur ? Combien de fois je rêve de fusionner avec la matière dans la plus pure destruction de mon être ? La douleur est le langage premier de l’être au monde, du monde à l’être, puisque l’un et l’autre ne sont rien seuls mais son pourtant éternellement différenciés. Indissociables, différenciés. Diff’, diss’. Hein ? J’ai rêvé de manger ta chair encore aujourd’hui, comme celle de toutes les autres. J’ai rêvé jusqu’à plus soif de toi et de celles qui viennent après. J’ai rêvé et je rêve encore, je ne dors plus, je bois mon rêve comme un oiseau boirait le ciel.

12

penser et tout dire |
Pascal DEMEURE, mes romans.... |
le Cri du Crabe qui Cuit ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | rguiegu brahim - ÅíãÇÁÉ æÑÏ...
| dislui
| sarivoli