merlestée ·

j’ai relevé mes manches et plongé mes bras dans les pigments.

 

j’étais lent, je m’étais dit : « j’ivre ! »

 

 

j’ouvrais la bouche en syncopée, comme un hoquet, la bouche happée par l’après-sens, sa présence, par l’ébriété livrée avec les perles de givre qui parlaient dans sa bouche.

 

 

et ses mots étaient froids et faisaient mal.

 

 

j’étais lancé comme l’un jette un livre. Sans savoir que mes mots démoliraient son ciel. Son ciel noir de nuages à genoux où noyé je narrais la gène que je n’ai… qu’en rêve…

 

 

sans savoir que mes phrases en approchant la terre, ricocheraient brûlantes, frappantes, que ma tête vibrerait de sa syntaxe-excès.

 

parce que j’annexais l’esthétique exquision, la troublance verbiale, l’entraînant libratoire, foutredelle…

 

 

─ tout me tuerait, mer, rideau si blanc sous le ciel, sel, comme un soleil d’ivoire qu’on ne doit pas regarder car il écorne, corne, la pupille ─

 

 

l’eau se laissa aller dans les rigoles et seul, perdu sans sentiments, je me liai ; souvent à sa désolation j’opposais ma douceur ─ douleur céruléenne ─ je me soûlais de vide et me jetais en moi.

 


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