instant qu’on aime pas trop

j’ai peut-être cru me gouverner, encore une fois, et encore une fois, je ne suis pas heureux. Pas Z’heureux. Pas grave, ce qui compte c’est que je vais le redevenir bientôt. Non. Ce qui compte ce n’est pas le bonheur. Ce qui compte c’est… c’est d’apporter au monde quelque chose qu’il n’a pas ? je… j’oublie peut-être d’être moi-même en disant cela. En le répétant éternellement, peut-être est-ce pure folie… mais alors je veux bien être réellement, surréellement fou. Forcer la porte de la conscience et y faire entrer des démons qui n’existaient pas dans l’ailleurs d’où ils viennent. Inventer ses propres problèmes ou, pour une fois, au moins une, ne pas en avoir…

 

je crois qu’il. Je crois encore en cette illusion que j’ai voulu bannir il y a bien longtemps. Je crois qu’il y a beaucoup de choses que j’aurais pu faire différemment… si j’a… avais pu, avait pu choisir. Aurait fait les choses différemment. Qu’est-ce qui me reste en dehors d’une bande d’arguments pour prouver aux autres que j’existe dans un monde parfait, qui les réfute tous… pourquoi me sens-je seul dans ce monde où tout est plus puissant ? Ma surréalité. Plus, plus que tout plus que ça. Plus besoin de rêver de filles, les rêves de filles n’étaient qu’un prétexte à l’extase. Ici l’extase n’est qu’un prétexte à l’absolu…

 

je marche un peu dans les étoiles, détourne lentement ma tête pour regarder en arrière. C’est mon cou qui se dévisse tel un boulon. Rien derrière, pourtant il y a deux secondes j’aurais juré qu’il y avait des gens dans un monde différent. Des gens malheureux à qui je pourrais apprendre ce qu’est la réalité, mais des gens nombreux, presque plus que moi tout seul. Je ne crois pas avoir compris. Je ne suis même pas sûr de pouvoir m’expliquer quoi que ce soit en cet instant… ils auraient fait vaciller mon monde ? Celui-là même qui n’existe pas ? Réellement pas réellement ? Ils auraient ? Auraient quoi ? Eu une idée ? Je crois qu’il va falloir que je continue à avancer et à réfléchir, si je ne veux pas mourir, laisser mourir ce monde, un tel monde, un tel trésor comme les hommes cherchent depuis toujours et qu’ils ne veulent pas voir… dommage, d’ici dix mille ans peut-être n’aurai-je pas pris une ride ? Peut-être y’en aura-t-il qui voudront bien vivre dans ce monde, comprendre que tout peut-être beau, et que tout est beau. Tout cela à la fois…

 

je n’avais pas vu l’intérêt de se soumettre à une idéologie, je ne le vois toujours pas. Qu’il puisse y avoir un dieu omnipotent je ne le mets pas en doute. Mais… et si malgré toute son omnipotence il ne se sentait pas seul ? Et si il ne voulait pas que, plutôt qu’on se soumette à sa puissance dans une simple hiérarchie des pouvoirs ne signifiant absolument rien, qu’on dialogue, qu’on s’exprime et s’explique les uns aux autres. Qu’on se parle et qu’on se raconte nos vies. Qu’on se comprenne. Et si le monde entier n’était qu’un interlocuteur ? Et si nous étions une infinité, une infinité de gens fait pour s’entendre qui se seraient écrasés dans un moule à cause de la barbarie humain…

 

là où mes ailes se sont taries apparaîtront bientôt tellement de lueurs. Là où j’ai vu pour la dernière fois la lune mes yeux prendront la forme, la forme de ce que tu veux. J’ai beaucoup grandi dans mes rêves, j’y ai beaucoup appris. À quoi cela m’avance-t-il ? À rien. Mais cela ne me recule à rien non plus. Je trucide d’un coup de sabre cette idée trop vite faite qui tue mon ardeur. Je trucide tout ce qui a décidé de mourir. Je suis fait pour tuer les idées noires, c’est pour ça qu’elles me tendent des embuscades. Elles me sentent dangereux, elles me sentent fort, certaines veulent juste relever un défi… elles me rendront toujours plus fort et plus fatigué…

 

NON! Je dois crier et être en colère et rire et pleurer et rire et pleurer et rire et pleurer et rire et pleurer. Encore, encore. Je dois. Dois. Doit. Qui ?

 

C’est là que je me dis vraiment que peu de gens comprennent mon monde, ma difficulté à aligner des propos cohérents. Tout n’est pas qu’apparence pour moi, mais l’apparence a autant de réalité que le caché. Rien n’est plus vrai que ce qui cherche à être faux…

 

Quelqu’un ici sait-il combien de fois chaque jour je plonge ma tête dans un mur ? Combien de fois je rêve de fusionner avec la matière dans la plus pure destruction de mon être ? La douleur est le langage premier de l’être au monde, du monde à l’être, puisque l’un et l’autre ne sont rien seuls mais son pourtant éternellement différenciés. Indissociables, différenciés. Diff’, diss’. Hein ? J’ai rêvé de manger ta chair encore aujourd’hui, comme celle de toutes les autres. J’ai rêvé jusqu’à plus soif de toi et de celles qui viennent après. J’ai rêvé et je rêve encore, je ne dors plus, je bois mon rêve comme un oiseau boirait le ciel.

 


Un commentaire

  1. Basilic22 dit :

    Vos poèmes en prose ont quelque chose de rimbaldien qui me va bien…vraiment, vos textes font mouche, bravo!

    Dernière publication sur FICTIONS et FRICTIONS : Bruxelles ciblée, Bruxelle brisée, Bruxelles martyrisée...

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