vivant !

les tétins entiers du temps éreinté se gonflent d’une sève que ton corps laisse poindre. Tu t’allonges, tu me fixes et je sens ton désir qui caresse furieusement les quelques dernières bribes indécentes de pudeur. Vas, triture moi l’amour, berçons de sortilèges nos ardeurs câlines. Laisse germer dans ton corps, entre tes cuisses surtout, la fleur de la passion.

 

 

C’est au travers de quelques nuages déchirés que je sens ton fracas, ton parfum, roulant dans nos têtes pleines de vagues.

 

 

J’avais glissé ma main dans ton dos et tu avais accepté que je me fasse plus grave. J’avais entrepris de ne pas te faire mal. Souviens-toi de l’été, perdu dans nos délices… nous aurions pu mourir tu sais, si la folie qu’on partage en s’aimant n’avait pas fini par nous demander de boire autre chose que le corps de l’autre. Nous nous sommes écroulés, ivres et morts de fatiguent et nous avons enfoui nos regards dérangés sous quelques couches de peur, depuis tout nous égare.

 

Voilà, maintenant tu y reviens, tu veux mourir sur moi. Chaque instant que tu passes sans ressasser encore ces quelques mots qui lassent mon esprit ne t’honore pas, tu sais ? Comprends-tu pas qu’on est déjà morts ? Qu’on est l’un dans l’autre comme le suaire et la bière. Et que j’aime ça autant que toi. Mords-moi, tu verras bien si je dis vrai, on est cadavérique de s’aimer aussi loin.

 

J’ai envie de repos. Ta présence est gênante et si je veux t’aimer j’ai besoin d’être au calme. Je sais que ça t’irrite, plus loin, plus mal, on va s’engueuler pour des conneries pareilles. Au fond, j’ai juste besoin de m’écarter un peu pour te remplir mieux, comme tu me demandes tant. On est morts mais pas éternels. Un jour on se réveillera. T’inquiètes, notre amour survivra jusque là, en attendant ce soir, on se tient éveillés, à la lueur de notre propre chandelle. On se tient éveillé finalement. Je ne comprends plus ton corps, exténué et fou. Donné pour des supplices à ma raison défaillante. Je t’avais dit que je reviendrais à la… que je te reviendrais toujours, et si… non ? J’ai peur d’avoir menti. Peur de ce qui se cache sous l’obscure pensée qui guide mes éclats de voix et de tristesse. Je deviens un lambeau de moi-même tandis que les couleurs reviennent habiter mon corps. Tiens, au fait, tu sais qu’on se réveille ? Qu’importe le temps passé l’un avec l’autre, ce fut toujours une vie, ce fut toujours trop court mais on ne pouvait pas plus…

 

quelques jours sont passés, ont voulu que tu changes, ça fait longtemps qu’on ne s’était pas vu. Je me suis rendu compte que j’idéalisais trop, que je t’idéalisais trop. Toi aussi, sûrement. Maintenant je suis serein. Nous avons vécu et mordu et avalé sous l’air brûlant des sensations éparses. Nous sommes loin de ce que nous étions, au final, c’est maintenant que je t’aime le plus, car je t’aime comme j’aime le monde, j’aime tous ce qui existe, tous ce que je vois, que je sens, que j’imagine…

 

nous serons vieux, et vois. Des jardins illuminent déjà les yeux du soir. Nous frapperons des mains et les flambeaux observés au loin nous semblerons les mêmes. La distance ne comptera plus puisque nous serons séparés, comme depuis longtemps. Nous serons amour pour le monde et cela nous suffira. Cela nous suffira mais cela nous montrera aussi que nous avons encore d’autres choses à construire. Viens, marchons, dansons, tout n’est que lumière et poësie. C’est que, quand je demande l’amour, je le sais qui viendra. Autre temps, autre lieu. Je donne au monde tout ce que je crois qu’il peut avoir. Je lui donnerais bien encore ce que je n’ai pas si je ne lui avais déjà donné… là j’inscris le bonheur, là notre folie douce. Encore un peu de cœur, ton corps sur la mousse et le rocher baigné de lumière nouvelle. Nous marcherons toujours vers le monde qui appelle. Nous aurons pour nous la terre entière. Je t’offre mon monde tel que je le conçois… prends-y ce que tu veux, il y a de quoi vivre et mourir encore mille fois.

 

 

Et un jour, nos chants et nos danses ne s’arrêteront plus. Nous tomberons raidis par le froid de ce soir… oh, n’oublie pas d’aimer ça…

 


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2 commentaires

  1. denis56 dit :

    Les autres sont beaux… mais putain celui-là !!!
    t’es con ou quoi !?!
    c’est malin, j’ai des larmes maintenant… à mon âge…

    Merci

    et merci à ton frangin qui m’a mené ici

  2. celui-là, celui-là… m’amène au bout du monde… j’écris pour moi pourtant j’aime qu’il te procure le frisson que je m’offre… j’emmêlerais bien quelques pinceaux dans des explications confuses, diverses, éparses… pas aujourd’hui.

    oui, je suis con, et le chemin fut long et pénible pour arriver à ce niveau de connerie. enfin, pleurer c’est un acte sacré (ça crée des trucs bizarres) je peux pas m’empêcher d’en être heureux si tu vois ce que je veux dire…

    merci à toi d’avoir su me dire que ça te touchait. on peut pas bien faire plus pour quelqu’un qui écrit…

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