il · scènes infinies · scène X

─il est venu d’où?

 

─de par-là.

 

─côté cour?

 

─oui.

 

─attends. Tu veux dire qu’il est venu de là? Mais c’est le passé. Rien, rien à voir là-bas.

 

─bah il y était.

 

─et qui t’es toi?

 

─comment, qui? On se voit tous les jours.

 

─fais pas semblant je veux dire, on sait ce qu’on est chacun, c’est ce que je veux dire. Lui on sait pas. On a beau être semblable on sait qu’est-ce qu’on représente, notre dédoublement, le pronom et le moi, toi c’est je? Tu sais de quoi je parle.

 

─t’es dans le juste, dans le discours qu’on sait tous, t’es dans la répétition, le cyclique. Là, c’est du changement.

 

─connard.

 

─pourquoi tu changes si vite? On devrait pas changer, on dépend de rien.

 

─si. De la situation d’énonciation. Et arrête ton char, veux-tu? Tu m’accuses de changer alors que je te reproche ton laisser-aller face au changement, tu me cherches des poux en fait.

 

─toi tu cherches bien des poux au changement.

 

─moi j’ai un pronom, lui il a quoi?

 

─je sais pas.

 

─tu sais pas?

 

─je sais pas, je saurai jamais.

 


Un commentaire

  1. 0perrine0 dit :

    Bonjour,

    Vos scènes infinies me plaisent beaucoup. Je dois bien avouer que je ne les ai pas encore toutes lu ; d’ailleurs comme elles sont infinies, peut-être n’arriverai-je jamais au bout… peut-être vais-je passer ma vie à lire vos scènes…

    Bon, y a pire !

    Amicalement,

    Perrine

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