il · scènes infinies · scène VII

eux, avec lui. Il court, elle marche.

 

 

─tu sais ce que je pense souvent?

 

─mh?

 

─qu’on est foutu, tu sais, nos prénoms, tout, tout nous tue.

 

─j’aime pas quand tu parles comme ça… tu me fais penser à il.

 

─c’est vrai, c’est moche, il va pas bien lui. J’crois que c’est celui qui se perd le plus, honnêtement. Je sais que toi tu souffres énormément, mais quand je le vois…

 

─je sais de quoi tu parles, c’est un mec, c’est pire quand il pleure.

 

─ça veut dire quoi ça?

 

─que je t’aime encore, va, t’en fais pas.

 

─des fois le soir, il passe sous ma fenêtre et.

 

─et toi tu le regardes, le scrutes, tu acceptes le marteau qu’il te tend pour enfoncer le clou de son infirmité. Tu joues le jeu du spectateur blasé qui tente de se faire croire, paradoxalement, qu’il n’a rien vu et qu’il s’éberlue de voir la même chose chaque jour, alors qu’il sait avoir tout vu et que ce qu’il observe ne devrait pas être. Mais il prend alors un double statut, la chose de tous les jours, le commun immortel et mortel d’ennui, et l’étrange irréalité de la chose à quoi on s’attend et qui n’arrive jamais. Il peut mourir, tu le sais aussi bien que moi, mais nous non.

 

 

Lui qui s’est tenu là, foudroyé, semble soudain réaliser tout ce qu’eux a dit. Il s’effondre et pleure.

 

 

─non, non mon chéri. Faut pas.

 

─si.

 

 

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