il · scènes infinies · scène IV

une rumeur qui enfle, des ombres qui défilent au fond de la scène, puis, tout à coup, des voix apaisées qui s’approchent tandis que disparaissent les formes de la foule.

 

Il, lui et on entrent en conversant:

 

 

tu sais qu’il a crevé finalement?

─qui?

─il a pas trop souffert faut dire. Tout le monde s’en foutait de toutes façons…

─moi j’aime pas quand tu fais semblant de parler de quelqu’un d’autre et qu’en fait tu nous raconte ta vie. Déjà qu’elle est pas intéressante, tu nous facilites pas la tâche tu sais?

─fous-toi de moi.

─je fais ce que je peux.

─moi je veux bien qu’on parle de moi ou je. Ça fait longtemps qu’on en a pas parlé… tu veux?

 

 

Moue de on.

 

 

─bein…

─voilà, on en est toujours au même point. On sait pas quoi dire quand il faut parler, mais quand il parle, là on se gène pas.

─ho merde! Bah je cherche quoi! J’ai pas vu je ni moi depuis un moment en fait…

─t’étais pas tout le temps fourré avec eux avant?

─non, ça c’est toi.

─haha! Elle est bonne.

─je veux pas faire chier, mais je m’apprêtais à le dire aussi. D’ailleurs si on pouvait la voir…

─ça me ferait pas chier. Je dois bien dire.

─ouais! Au fait! Moi et je!

─mais je te dis que j’en ai aucune idée! Ho! Tu me fais chier! T’as pas remarqué que ça faisait trois semaines que je passais mes journées avec nous?

─sérieux?

 

 

Il et lui se sont retournés brusquement, leur regard est étrange.

 

 

et comment il va celui-là?

─et comment elle va, eux? Je t’en pose des questions?

 

 

Il a un peu élevé la voix, lui est d’un seul coup tourné dans lui-même et il ne sait pas comment gérer la tension qui naît.

 

 

─mal.

 

 

Lui a jeté sa tête sur le côté, une minute, puis on:

 

 

─faut pas.

─t’es malin.

─je veux dire… c’est pareil pour tous. On est paumé ici, moi le premier, moi a beaucoup souffert, et qu’est-ce que tu crois que je vit? Nôtre n’en peut plus actuellement, c’est pour ça que je reste avec lui, et pas avec moi, ou toi.

─tu te goures.

─sans doute, mais il le sait, alors je suis tranquille.

─tu te goures encore, c’est « je est tranquille ».

─ta gueule avec tes nuances.

─c’était pas une nuance mais une rectification.

─bon les mecs, voilà, j’en ai marre, alors je sais pas si vous avez suivi, mais moi je mets les extrêmes maintenant.

 

 

Il se barre.

 

 

─merde.

 

 

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