visage

  de chaque instant de cette vie apparait dans son firmament une lueur pâle qui s’enfuit, un court espoir un bref instant. je suis ici, j’existe un peu et me complait à observer en continu ce petit jeu. l’espoir renaîtra de ses cendres, c’est l’âme humaine qui est bien faite, pourtant le cycle des sentiments laisse des séquelles dans ma p’tite tête. avoir peur pour quelqu’un c’est bien, éprouver de la compassion, vouloir mourir, vouloir souffrir, fermer les yeux sur les questions. quand une larme coule sur mon visage ravalant fierté et discours, j’apprends à contenir cette rage, y’a plus de haine, y’a plus d’amour. c’est un sentiment trop usé, tué par le temps, la litanie d’un vieux guerrier en qui ne coule plus aucun sang, c’est la fureur de sentir que, quelque part quelque chose nous manque, on sait pas quoi, on sait pas où, mais cruellement se crée le masque.de mon être est né un visage, quelqu’un que je n’ai jamais été, j’aurais aimé plus de douceur, je voudrais dire féminité, mais j’ai eu peur j’dois bien l’avouer. je laisse des traces de mon passage, visages dessinés dans les marges, observateurs d’un temps secret, déjà disparu à jamais. j’ai besoin d’écrire pour survivre, exprimer ces transformations de mon être que tendrement je baptise refoulements…

 

j’ai dessiné un visage, couché sur ses traits toutes mes peines et ravalé tout ce que je croyais, réalisé que la chair qui me compose défiait la raison, suscitait ma névrose. j’ai compris que ce que j’étais n’était pas vraiment très important · ma figure est de sable, je m’envole grains à grains, et je vois impassible, mon grain de folie qui s’accroche · il resterait quelque chose après le départ de l’atome, une force formatrice, matrice de l’être. j’ai beau faire, j’n'y vois plus rien entre toutes ces monades, on se croirait en plein tempête de sable. je décide d’être entéléchie et de cesser de m’abrutir, après tout j’ai bien réfléchi je suis un être en devenir. si se déconstruit mon corps c’est pour une bien drôle de raison, je dois perdre mes repères pour rentrer à la maison.

un tout nouveau moi se ramasse, penché sur mes paupières, il observe ma carcasse, dont j’étais un peu fier, un sourire se dessine et tout en disparaissant mon ancien moi s’ébahit que le nouveau n’soit qu’un enfant. un nouveau ou une nouvelle? cette question me taraude, je m’observe et m’interpelle, me balance une chiquenaude. en me tournant sur moi-même je m’aperçois vite d’une chose, c’est ma bouche faite pour les phrases, je comprends que je tirade et monologue et que ça me fait plaisir, après tout sur un autre astre ils se vendent bien pour l’art d’écrire…

je me profile, me dédicace,  me voit de trois-quarts ou de face, mais ça n’apporte pas grand chose, je ferais mieux de voir autour. mon étonnement devient stupeur, ici le monde n’a pas changé, je commence à avoir très peur tout à l’air de s’être arrêté. regarde bien me dis-je encore, il ne peut pas en être ainsi, puis je réalise enfin que tout est devenu poësie. le monde est tel que lui-même, fidèle à son principe, c’est toujours ton regard le grand juge. il semble répéter dans un soir lointain, une petite phrase, un refrain, il me rappelle tout doucement à la réalité du présent.

 

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je · est une réalité en devenir

amoureux de la vie à en mourir

je · croyance voir dans les éclats de rire

le reflet de l’enfance · brûlant tout

je · inutile d’en dire plus sur le fond

veux que ma · poësie · habite chez moi.

 


Un commentaire

  1. chris dit :

    Et la suite…
    Voila longtemps que les mots ne jailissent plus de ce blog, jem’inquiète.
    Comme Baudelaire, j’attends du « nouveau ».

    Ton ami (qui te doit du fric)

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