j’ai été perdu, je me suis retrouvé…

mais je ne suis peut-être déjà plus là… Thimar m’aide…

 

hier soir j’ai entendu les cris du sable, j’ai vu le monde défiler autour de moi comme le paysage d’un train, comme une fenêtre qui s’oublierait…

hier soir j’avais peur d’être encore ce que j’avais peur d’être, j’ai craint quelques instants, quelques heures, comme souvent, de m’être rejeté par-dessus bord, au bord du ciel vomissent les oiseaux sans nuages…

 

des images sans fins défilent sous les steppes arides de mes tempes, dévalent mon front faché, dévoilent les sombres recoins de mes yeux, j’y verrai clair quand…

rien, le noir aime à me rappeler que mon monde est d’un blanc trop fort, mort, que mon corps a tort de croire qu’il verra, même s’il doit voir, même s’il doit bien finir par y avoir…

quelque chose d’enfoui finira par resurgir, reste troublé d’une parcelle d’insinuation, strangulation folle de l’idée jusqu’à son épuisement, plus d’air, est-ce cela l’Ataraxie?

 

je m’arrête et contemple, entend et me dédouble, j’ai froissé le souvenir de mes réveils successifs, j’ai froid, c’est le sourd frisson, l’affre, l’irréelle horreur au fond de ces chemins,

marre murmure d’or dans ces voiles de femmes, yeux de plombs scellant mon cœur, baisers secrets cadenassant ma cellule, ma tête, m’offrant mes frayeurs sur un plateau, de peur,

saigner est la libération du secret, mourir la révélation de la vie, entendez par-là que la mort ne doit venir qu’à la toute fin, que le sang est trop pur pour être gaspillé dans des désenfantillages…

 

qui a cru, qui accroît, qui amasse et qui s’amuse? qui meurt et renouvelle? oublie le temps présent, vogue sur une caravelle, au gré du vent…

`Oud, amour endolori, clameur dans la forêt du ressenti, douce réincarnation de ce qui fut joyeux dans une peau plus forte…

qui croirait encore à la mort? quelle folie pousse quels fous à éspérer plus fort? quels instants sont les bons?

 

¿ rien a disparu, les vides se comblent doucement tandis que se réaffirme ma dépendance à un son, les morts parlent par les cordes, ils clament qu’ils n’ont pas fauté, mais là où ils sont, ils ne savent ce que signifie ce que je cherche… stupide amour du feu, stupide amour du froid, stupide est l’ancien mort qui croit vivre par moi, crâme brûle et entend, ce que tu as dans la tête n’est pas de la musique c’est un serment, tu as donné ton âme au monde et elle t’a offert le doux balancement de l’onde, tu as engagé ton éternité dans le but incessament renouvelé de ne pas laisser mourrir les pierres dans le silence, pesant, et l’ennui mortel de l’incompréhension même de ce qu’est la musique… ¡ le silence oui, mais qu’il soit vibrant, ténu, cristallin ou feulant, il doit être habité…

creuse en toi, arrache tout ce qui t’empêche de voir ce que tu es, crie encore que la haine et l’amour sont les mêmes, qui ne se comprennent pas, qui n’ont pas le même visage, qui se frayent un chemin jusqu’à la conscience sans chercher de justifications, sans prendre garde aux vies qu’ils renversent, crie encore que tu es jeune, n’oublies pas de te perdre… ne me demande rien, je risquerais de mal prendre le fait que tu n’as pas assez foi en moi pour croire que je te dirai tout au moment opportun…

n’oublie pas de penser que je suis le double-visage du monde, celui qui t’aime et celui qui te hait, qui t’attire et te repousse, sans cesse… j’en demeure mieux déchiqueté que toi, et si tu crois avoir souffert quelque part ne demande jamais ma place… je suis l’inaccessible présence, amoureux de toujours de cette goutte de rosée qui un jour osa sortir d’un lambeau de fleur pour rafraîchir la brume auroréale… respire et dit toi que je suis l’oxygène et le carbone, qui te font naître et sauront te tuer…

 

découpe

sillone

mord

 

aime

furieuse

mort

 

pleure

hanche

sœur

 

j’aurais du naître tel que je suis, j’aurais juste du être un peu différent, me croire moins «moi» être un peu moins au courant que le monde «c’est pour de vrai», arrêter de me croire fou plus tôt, ne pas l’être vraiment… je n’aurais peut-être pas du me dire à quatre ans que le bien est le mal sont des données d’une intransigeance totale qui nous empêche de savoir s’il y a relativité de l’acte dans l’absolu d’une réflexion, s’il vaut mieux ne rien faire, si le fait même de penser signifie le viol, si la mort est plus forte que la déchéance… je n’aurais peut-être pas du mettre sept ans à réaliser que le monde autour de moi existait, qu’il avait vécu avant, et que moi-même j’évoluais…

j’aurais du me taire il y a bien longtemps, ou ne jamais cesser ce flot de paroles, garder pour moi cette boîte de pandore ou réaliser mon œuvre sinistre… est-il contre nature de chercher à voir le bien dans un cas comme le mien ? tout ou rien, bien comme mal, les extrémités seront toujours mon dernier recours, ma place est parmis le…

 

nulle part, je n’ai pas de place, je n’ai plus de place, je n’ai jamais eu de place, mais j’en aurai une, je ne sais pas si je suis humain dans mes réflexions et la pénombre de ma conscience mais je sais qu’au fond de moi la musique crie encore, je pourrais éternellement me poser les mêmes questions, jouer le même jeu sinistre de mon ambivalence, mais rien n’est plus vrai, plus réel que ce son…

maintenant il m’est nécessaire de jouer jusqu’à ce que le rien ai ravalé le cosmos puisque les yeux d’un rêve m’en donnent le force…

 


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