avancer est aussi reculer…

à quoi sers-je? suis-je ce souci sans cesse asséné de soi?

faim… la faim me tenaille parfois comme l’envie de mourir. cyclothymie, en ces termes te reconnais-tu? intraitable envers moi-même je n’ai de cesse de me contredire… j’erre en moi… je replonge dans cette douce pénombre faite d’inquiétude et de remords… dernier garde-fou avant la folie, doucereuse, elle… arrive un moment où, lorsque je suis trop heureux de réussir à faire ce que je veux faire, me vient la peur de ne pas savoir contrôler cette réussite, de la jeter à terre, la piétiner… et une envie de piétiner pour au moins être sûr de ce que je fais…

le morbide me serre à la gorge… m’étouffe… me tue… mourir de cette façon était satisfaisant autrefois… pourquoi plus maintenant?

horrible sentiment d’avoir perdu mon temps… de l’inanité, l’insensé, du désir, de la vacuité des choses… pour cela seul je veux atteindre l’ultime… mon absolu et mon rêve, ma vanité et mon orgueil… je ne comprends plus pourquoi je n’aime pas les gens… pourquoi je suis si dur, méchant… pourquoi tout contact physique me rebute… mais je sais que cela ne fait qu’avancer mon blues… que le sentiment, tout ce que je veux rejoindre passe nettement plus fort au travers de mon être… j’ai besoin de faire un peu mal avec cette voix, toucher ces cœurs… faire sortir ce qu’ils se cachent à eux-mêmes… même si je dois pour cela souffrir au-delà du possible… je veux être le canal d’une énergie supérieure… je veux procurer ce que tout le monde cherche… devenir un paradis… un paradigme…
tout en moi crie au délire, je me rue sur les foules d’idées et dérobe sous mes yeux affolés le mouvement d’automne… j’oublie d’être cet autre tandis qu’une part de moi s’enfonce dans la lente suggestion d’un concept… je me cache sans cesse la religion que je pratique avec ferveur… the falling leaves, of red and gold

rien ne va, évidemment, puisque je vais mal… je dois rechercher ce qui me composait… j’avais construit un empire de bonheur à partir de rien… je dois le reconquérir, mais… l’homme veut-il réellement être heureux par nature?
quelque chose qui me gêne en moi doit sortir… seul sans doute… il me faut prendre le temps, la mesure…
pourquoi vous me faites ça? rien qu’une étoile… de toutes façons c’est moi qui comprends bizarrement les choses… ça je le sais, je sais trop de choses, puisque je n’aime pas savoir, j’invente ce que je ne sais pas… mais je sais que si j’apprends je prends le meilleur… la poësie qui compose mes atomes me force juste à lui rendre une part de spontanéité imbécile que je lui accorde volontiers… d’ailleurs qu’est la vérité? une nuance subtile dans le jugement des êtres, voilà tout… tout peut être vrai, tout est vrai, mais à nuancer… et si tout était réellement blanc ou noir? bein on serait pas dans la merde…

lourd… du lourd sur les épaules… du bourrin, des tripes, des couilles, assumez-moi tout ça… de la fierté… que dis-je fierté? suffisance… mais en même temps les autres sont si souvent merdiques… pas de leur faute… autant que moi, mais ça ne me, ne nous plaît pas, ne plaît plus… comment accepter l’altérité alors qu’on a du mal avec soi même? qui oserait croire que les autres sont différents de nous? tous pareils, tous différents, on se cherche dans les visages dans les miroirs… on se trouve dans des gouttes d’eux… on est fort pour se côtoyer… n’accepter que ce qui en les autres est typiquement nous… ou le rejeter de bloc, mais jamais de nuance avec nous-même en fait… on se sent, se renifle, se dévisage… on s’adore ou on se désespère… des fois tout à la fois, mais qu’est-ce qu’on est dégueulasse si j’en crois ce que je vois chez les autres! pas étonnant que je m’aime pas si je suis ainsi… bande de pourris… comme moi…

où j’en suis? par là… je crois qu’il n’est plus très utile de savoir où on en est puisqu’on ne sait pas où on va… pour moi peu importe le lieu… moi, moi, moi, voilà ce que je répète et ce qui compte… marre de suer? mais à quoi sert ce monde? coup de gueule déguobillé, je sens que je vais me faire jerckler par la partie de moi qui sait positiver quand elle va revenir… mais pour l’instant ça doit être une période où elle est en vacances…

plus d’envies pour rien… c’est dingue ça, avant l’air m’avait constamment l’air lumineux, là… j’y vois rien, j’ai plus la force de bouger, je suis vidé…

la note s’écroule… elle se relèvera tôt ou tard, mais elle voudrait juste dormir… comment faire quand dormir n’est pas un choix? pas acceptable? scindé entre des pseudo-principes d’un autre temps à la noix et des envies à ne plus savoir qu’en faire je me déchire lentement… du lourd… je veux du lourd… ce n’est qu’une passage à vide… j’aimerais être propre, je me sens grouillant de vers… t’as tout simplement reveillé un soupçon en moi… celui-de me croire autrement que je ne le suis… de me cacher à ma vue pour ne pas me dégoûter… moi qui croyais me connaître, je dois encore faire ce retour sur moi, retourner voir qui je suis… combien de temps cela me prendra-t-il? oui, il me faut ce retour douloureux sur ce que je suis… je ne m’accepte pas vraiment… je suis obligé de me simplifier pour me comprendre… je me comprends sans doute plus que beaucoup de monde… mais j’ai plus besoin de me comprendre pour être bien… grâce à toi je prends peu à peu conscience que ce n’est que le retournement d’un de mes chers axiomes directeurs… les gens ne doivent pas prendre de place dans ma vie, sinon pour me renvoyer à ce que je ne suis pas, si ils me ramènent à moi, si je me la ramène auprès d’eux, c’est que j’ai rien compris… il faut juste que je bosse beaucoup… la musique me reprendra bientôt totalement, elle avait quelques heures… quelques jours délaissé une pointe de mon subconscient… oui, c’était des idées… j’en ai toujours trop… mais je dois assumer mon cerveau comme mes couilles… comme mes tripes… je sais que je suis un lâche qui veut dire au monde entier ce qu’il en pense… qui osera le faire si on accepte de reconnaître sa lâcheté, qui n’est que la manifestation de son désir de changement, pour devenir plus lâche encore, et faire plus de choses…

bof… une poignée de vers devrait me remplir l’estomac… un sonnet élizabethin pour changer? je prends mes libertés avec la forme…

ainsi que j’ai été j’ai pu me satisfaire
me doubler de fumée pour cacher mon éther
maintenant au travers de tout ce sentiment
je dois réaliser ce que je suis vraiment

ces vers simples que j’écris s’ils ne satisfont
pas toute ma poësie au moins je sais qu’ils sont
au travers de mon être un désir de charnel
irrésolu par la peur de paraître mortel…

plus loin que toutes mes pensées
se cache un éden si souvent ressassé
une sombre plaine et de sombres collines
d’où pourrait surgir la lumière calîne
d’un océan d’amour, d’une saison d’été
précédant mon automne monotone et charmant…

 


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Un commentaire

  1. Gruuge dit :

    Je les sens en toi
    En toi commncée à vouloir s’étirée se lancée de se toit
    Douloureux passage,
    Bien plus que celui des ages,
    Comme comme ci on venait de ce prendre la foudre tout droit tombées de ciel…ouououuf c high voltage
    pour le coup,
    et du coup, tu ve!ux l’exprimer ça te tire , ça y est presque, long chrysalisation la tienne est presque fini,
    du coup tes rimes s’expriment, triment,
    Et dure , semble marquer l’espace
    Comme le hurlement des loups ;
    en ces soirs de pleines lunes si fugaces.

    T’y arrive; tu vas le chopper,
    elle vont sortir de toi par un belle été,
    A tout les deux il nous manque le nun du hic et nun
    même si ce n’est pas pareil , l’anglaises nous guide du ciel …moon
    Bientôt mon ami nous la chatouillerons
    grâce à nos elles nous nous envolerons
    Dans un vol encore plus gracieux que celui du héron
    Et nous chasserons de leur mont
    les dieux,
    et nous instalerons la haut tout les deux
    A jamais
    et pour l’étérnité
    à veiller et à éclairer
    cette misérable humanité
    qui à s’étalera en à nos pied ……

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