omegalphe

O, une lettre irridescente

une splendeur rémanante

comme toutes les autres en fait

A, une structure cassante

une prononciation puissante

et la forme d’un faîte

U, irréversible recoupement des sens

mécanique insensée et pourtant elle danse

comme les voiles d’une femme qui hante

E, aurait-elle un goût rance?

ou est-ce qu’elle nous tance?

en étant la dernière, comme chez Dante

V, voyelle irrascible métamorphosée

presqu’île d’un bonheur désormais atrophié

j’aime V comme j’aimerais aimer l’amour

C, est sur le chemin de la panacée

subtile passerelle fait d’instantanéité

sur laquelle tranquillement on court

H, comme l’outrance du corps du bûcheron

la sueur d’un dame et la force d’un tronc

le hash qui nous abat tous d’un coup sourd

I, avec la tranquille habitude de marcher comme un con

calmé par la vie camé par la raison

ou bien par une hache comme le dirait l’amour

R, puisque le con erre voilà le contexte

qui sert sans cesse au-delà des prétèxtes

à réunir la raison d’un message d’erreur

T, tuant tout de sa lame ambidextre

transperçant les lettres de ce texte

et s’écriant dans un râle: «je meurs!»

Y, pourfendu peut-être mais pas tant

du reste invincible et de gloire, éclatant

Y’a-t-il ici quelqu’un qui aie un peu d’honneur ?

L, signifiant à tire-d’aile: «va-t-en!»

s’envolant, liquide, épatant!

mais de retour dans moins d’une heure.

X, arrête un peu ton cinéma!

tu fais du mal que tu vois pas

pis j’en ai marre de ces pensées

S, que tu comprends ce que je veux dire par là?

l’amour à la mort oui, mais pas ça,

c’est malsain, mais malaisé à expliquer

F, un foutoir dans ma tête

je saisis intimement qu’il ne faut pas que j’arrête

où j’en étais?

G, arrêté en fait

oui j’ai honte et ça m’embête

mais comment vous faites pour me faire saigner du nez?

B, bruissant sous le vent

le crissement d’un corps se soulevant

sur une plage plus ancienne que la lune

D, drôle comme l’alcool qui saoûle devant

qui danse toute la soirée et finit en bavant

en se rendant compte qu’il a dansé pour des prunes

J, suis, je me rappelle d’une histoire

commencée ici-même hier-soir

mais je perds son fil comme changent les dunes

K, qu’est-ce que je disais dérisoire?

encore la trame se rompt, se perd dans mon bazar

je n’ai plus que quelques lettres avant cette lagune

M, j’aimerais avant que tout ne s’arrête

savoir si je n’existe que dans ma tête

si une lettre a bien une existence?

N, parcequ’à un moment il faut bien haïr

casser le schéma de rime et se faire plaisir

et parceque j’aime tant les femmes qui dansent

P, je sais que je perds ma force désormais

le discour décomposé est une lueur d’espoir

je conçois mon rythme et je raconte mes rêves

Q, je ne suis qu’un vers

échappé d’un ensemble

et j’en tremble

W, ma mort s’approche à grands pas

mais j’ai la couleur

et je ne dois pas avoir peur

Z, la fin enfin, délivrance sans cris

manifeste ma joie, tel que je m’écris

la dernière rime s’échouera sur le sable

 

 

 

 

 

 

post-scriptum (écrit en fait auparavant, la veille, donc il est important de comprendre que la date n’a aucune importance, je tiens aussi à signaler que ce post-scriptum est écrit de la part de celui qui s’est cru écrire):

j’ai saigné trois fois du nez aujourd’hui:

une fois parcequ’il faut un première fois à tout

une deuxième fois parcequ’il faut une fin à tout

et une autre fois pour me prouver que les choses n’ont pas d’ordre…

 


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