Cette nuit, toute la merde de mon corps a dégouliné sur le sol, chacune des pores de ma peau devenue un cloaque. Dedans, force de vie en gestation, un fœtus attendait. Fétu devint bûcher. Je brûlai.



le berger de ces vagues

En descendant la rue
Une traîne de pluie
Me fit un long manteau

Je marchais quelque temps
Accompagné du bruit
de cet écoulement

Il surgissait du sol
Tout un troupeau bêlant
De rides et d’envol

De langues empesées
De mots couleur de ciel
Et de sel de rosée

Dans cette rue si grise
Je surpris ma pensée
Faire comme une frise

Me dessiner par terre
Dans les reflets enflés
Reniflant l’air en fleur

Et je fus pâtre et bise



Onde

J’ai frappé

Bien sûr au long cours de ma vie mes deux poings sont tombés

Comme deux gouttes d’eau

Sur les sillons tracés

Par le sanglot

 

Et sur le sein duquel écoulé le temps fêle

Se ride la peau

Un peu

L’appel

L’appeau

 

L’iris a vu la mort

Et l’iris l’a vu

Fente bleue dans le sol

Ciel de sang et violettes

 

J’ai lu sa trop grande moue d’amour

Levé l’œil et si j’avais lavé aussi

Mes restes de conscience

Dans un vers dévalé

La pente dans ce sens

Je n’aurais plus où danse

 

Elle a dansé yeux noirs bloqué les nénuphars

Les calices et les verres d’ivoires

Opalescence

Ô pâle essence

Le voilà ton cadeau

Et tout mon cadenas

 

J’ai les lèvres tachées du fil de sang qui clôt

Le mot

Le sourire tiré et tracé et cousu

J’ai la phrase finie par un étirement

Une vibration

Un point



Crémation.

Prélude :

Le Soleil a cligné des yeux,
Éternué, peut-être,
Il m’a fallu vider les lieux,
Oui, j’ai du disparaître.

J’aime la nuit mais, j’y peux rien,
Je la remplis de gros chats gris,
De gros chats gras, de gros chagrins,
De miaulements, feulements, cris.

Extase :

Plongé dans l’eau des Danaïdes
Je me laisse verser
Chuter du Plein vers le grand Vide
De ce tonneau percé.

J’écoute cet écoulement,
Bruit de la vie, bruit de la mort,
Ou bruit du temps, plus simplement
Bruit du silence et du remords.

Je m’extasie comme un enfant,
Devant le beau visage
De cette Aurore retournant
Dans ses draps, paysage.

J’admire au creux du crépuscule,
Les fleurs de feu qui étincellent,
Hésitante avance et recule
La couleur du Soir avec elles.

Éveil :

Quoi ? Quand ce serait le Soir
- On ne m’en a rien dit ! -
Je n’accepterais pas ! L’histoire
N’aurait pas mon crédit !

Et vie :

Éblouissant Sorcier tout de flammes vêtu,
Figure enténébrée quand les passions se pâment,
Lucidité lassive, acidité têtue,
Que ne t’ai-je connu plus brûlé que ton âme ?

Qu’ai-je à faire d’un fou dansant en continu,
La même dévotion pour le corps d’une femme
Et peuplant mon esprit de visions semi-nues,
Hantant mon cœur, battant ma chair, comme une lame ?

J’ai, comme un cadenas, sur mes yeux la pommade,
Qui m’empêche de voir, de vouloir et de prendre,
J’ai sous les paupières la pupille malade
Qui réduit toute Vie et tout Amour en cendres.

Mais j’ai bien plus profond, ancré dans la mémoire
Cet Adage vibrant, que le Jour qui s’est tu
Laisse à l’homme le droit d’aller chasser son Noir…

J’ai le goût entêtant du feu pour le fétu.



être de dos

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printemps

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pleurer

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dans la ville

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café ?

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zéro

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